Historique

Ve République, 1958-2027 : ce que les présidents ont vraiment fait

Avant de lire six programmes écrits par des machines, une question de méthode : que valent les programmes présidentiels français ? Un seul corpus de mesures existe, et il commence en 1995. Voici ce qu'il dit, mandat par mandat, et ce qu'il ne peut pas dire.

Note d'analyse réalisée le 26 août 2026 avec Claude Fable 5 Max.

Quatre chiffres avant tout le reste

921
promesses codées
Corpus Sciences Po, 1995-2022
vérifié
60
% en moyenne
Taux de réalisation, cinq derniers mandats
vérifié
20
% des Français
Pensent que les responsables essaient de tenir
vérifié
0
effet mesuré
Impact des promesses tenues sur la popularité
vérifié

Un seul corpus de mesures existe, et il commence en 1995. L'équipe Sciences Po du projet PARTIPOL (Isabelle Guinaudeau, Simon Persico, Emiliano Grossman, Sylvain Brouard, Christophe Bouillaud) a codé et suivi, promesse par promesse, les programmes des vainqueurs de 1995 à 2022 : 921 promesses au total, présidents élus plus Lionel Jospin pour la législature de cohabitation 1997-2002.

Verdict : le taux de réalisation, partielle ou complète, atteint près de 60 % en moyenne sur les cinq derniers mandats présidentiels (Grossman et Guinaudeau, « Does It Pay to Keep One's Word ? », chapitre 6 de French Democracy in Distress, Palgrave Macmillan, 2025, p. 139-164 ; synthèse des auteurs dans The Conversation, 22 janvier 2026). Macron I dépasse 70 %. Hollande, Chirac II et Jospin « suivent de près ». Sarkozy est à 54 %. Chirac I ferme la série à 30 %.

Avant 1995, rien de comparable. Aucune étude n'a scoré les programmes de De Gaulle, Pompidou, Giscard ou Mitterrand avec une méthode équivalente. Tout pourcentage sur cette période serait fabriqué. Ces mandats sont donc traités ici en qualitatif : faits datés d'un côté, niveau de réalisation qualifié de l'autre, signalé comme inférence.

Trois résultats structurent la lecture. Le premier : la capacité institutionnelle explique le taux mieux que la sincérité du candidat. Majorité absolue, taux haut ; cohabitation, dissolution ou majorité relative, taux bas côté Élysée. Le deuxième : tenir parole ne rapporte rien. Sur 1995-2022, la réalisation des promesses n'a aucun effet statistiquement significatif sur la popularité présidentielle, qui décline de façon quasi mécanique quel que soit le bilan. Le troisième : l'écart entre mesure et perception est massif. 20 % des Français seulement estiment que les responsables politiques essaient de tenir leurs promesses, contre 29 % en Italie, 31 % en Allemagne et 39 % au Royaume-Uni (Cevipof, Baromètre de la confiance politique, vague 17, février 2026). Le pays où l'on mesure 60 % de réalisation est celui où l'on en croit 20.

Pourquoi cette page existe. Six modèles d'intelligence artificielle ont produit six programmes présidentiels. La question de leur réalisme n'a pas de réponse dans le texte des programmes : elle a une réponse dans l'histoire des programmes qui les ont précédés. Un plan chiffré à l'euro près ne vaut que ce que vaut la configuration institutionnelle chargée de l'exécuter. Cette page fournit l'étalon.

Les taux mesurés, 1995-2022

Sept lignes, une seule règle de comptage. Le tableau se lit en colonne 4 autant qu'en colonne 2 : la configuration institutionnelle explique le taux mieux que le président.

MandatTaux de réalisationStatut du chiffreConfiguration institutionnelle
Chirac I (1995-2002)30 %vérifié (Guinaudeau et Grossman, 2026)majorité 1995-1997, cohabitation 1997-2002
Jospin, Premier ministre (1997-2002)environ 70 %inféré, non publiécohabitation, majorité plurielle à l'Assemblée
Chirac II (2002-2007)environ 70 %inféré, non publiémajorité absolue UMP
Sarkozy (2007-2012)54 %vérifiémajorité absolue UMP, crise 2008
Hollande (2012-2017)environ 70 %inféré, non publiémajorité absolue PS, fronde interne
Macron I (2017-2022)supérieur à 70 %vérifiémajorité absolue LREM-MoDem
Macron II (2022-2027)non mesurable avant 2027sans objetmajorité relative, dissolution 2024, quatre Premiers ministres

Tableau large : faites défiler horizontalement.

Deux précisions de lecture. Les trois taux « environ 70 % » ne sont pas publiés comme tels : l'étude Sciences Po écrit que Jospin, Chirac II et Hollande « suivent de près » Macron I, mesuré au-dessus de 70 %. Le chiffre affiché ici est donc une inférence, plausible et signalée comme telle, pas une mesure. La moyenne « près de 60 % sur les cinq derniers mandats » porte sur les mandats présidentiels ; le taux de Jospin, mesuré sur le programme socialiste de 1997, s'y ajoute comme cas de contrôle : en cohabitation, c'est Matignon qui exécute son programme.

Méthode : la chaîne de sources, le codage, les quatre limites

La mesure française s'est construite en quatre étapes, toutes publiées et évaluées par les pairs. Une étude de cas sur le quinquennat Sarkozy d'abord, qui teste le codage promesse par promesse sur 2007-2012 (Bouillaud, Guinaudeau et Persico, « Parole tenue ? », Gouvernement et action publique, 6 (3), 2017, p. 85-113). Un dossier théorique ensuite, qui pose le modèle conditionnel : une promesse a d'autant plus de chances d'être tenue que l'exécutif est motivé à tenir parole et qu'il en a la capacité (Guinaudeau et Persico, « Tenir promesse. Les conditions de réalisation des programmes électoraux », Revue française de science politique, 68 (2), 2018, p. 215-237, avec cinq études de cas dans le même numéro, dont Fessenheim, la loi LRU, le mariage pour tous et le minimum vieillesse). Une comparaison sur l'agenda législatif français (Brouard, Grossman, Guinaudeau, Persico et Froio, « Do Party Manifestos Matter in Policymaking ? », Political Studies, 2018). Enfin le chapitre de 2025 qui étend la base à six mandats et la croise avec la popularité mensuelle.

La méthode s'aligne sur celle du Comparative Party Pledges Group, le consortium international de référence (Thomson et al., American Journal of Political Science, 61 (3), 2017). Une promesse est un engagement assez précis pour qu'on puisse construire un indicateur de vérification : « je supprimerai la taxe d'habitation » est codable, « je redonnerai confiance aux Français » ne l'est pas. Chaque promesse reçoit un verdict : réalisée, partiellement réalisée, non réalisée. Le taux communiqué agrège les deux premières catégories.

Quatre limites conditionnent la lecture, et aucune n'invalide le résultat.

  • La réalisation partielle compte. Ce qui gonfle mécaniquement les taux par rapport à l'intuition du citoyen : une baisse d'impôt promise à 30 % et livrée à 20 % est « partiellement tenue ».
  • L'unité est la promesse, pas son poids. Une mesure symbolique et une réforme structurelle pèsent chacune un.
  • Une promesse tenue peut être défaite plus tard, par le mandat suivant ou par le même, sans que le taux du mandat initial en soit affecté.
  • Six mandats forment un petit échantillon pour une régression sur la popularité, même avec des données mensuelles. C'est la limite que les auteurs eux-mêmes assument.

Ce que l'on peut dire sans chiffre

Aucune étude n'a scoré ces quatre présidents avec la méthode de 1995. Ce qui suit est donc composé de faits datés, vérifiables un par un, et d'un niveau de réalisation qualifié, signalé comme inférence. Aucun pourcentage n'est avancé.

Portrait de Charles de Gaulle

1958-1969 · Président de la République

Charles de Gaulle

non mesuré qualitatif

Fondation du régime, majorité parlementaire, référendums

Pas de programme au sens moderne, ni en 1958 ni en 1965 : le codage promesse par promesse n'aurait pas de matière. Les engagements sont doctrinaux et se vérifient sur des actes datés.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Ordre constitutionnel
  • Constitution adoptée par référendum le 28 septembre 1958.
  • Élection du président au suffrage universel direct arrachée au référendum du 28 octobre 1962, contre l'avis du Sénat et de la plupart des partis.
Indépendance nationale
  • Premier essai nucléaire, Gerboise Bleue, le 13 février 1960.
  • Première escadre de Mirage IV opérationnelle en octobre 1964.
  • Sortie du commandement intégré de l'OTAN, annoncée à Johnson par lettre du 7 mars 1966.
Décolonisation
  • Accords d'Évian du 18 mars 1962, approuvés par référendum le 8 avril.

Inférence Réalisation forte sur le régalien et la souveraineté. Il ne tombe pas sur un bilan mais sur un référendum perdu le 27 avril 1969 (52,4 % de non), sur une réforme du Sénat et des régions que personne ne lui avait demandée.

Portrait de Georges Pompidou

1969-1974 · Président de la République

Georges Pompidou

non mesuré qualitatif

Majorité gaulliste, mandat interrompu par la mort du président

Slogan de campagne : « le changement dans la continuité ». Un mandat industriel, tronqué à quatre ans et dix mois.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Industrialisation par grands programmes
  • Airbus : premier vol de l'A300 en 1972.
  • Concorde, sidérurgie à Fos, réseau autoroutier.
  • Lancement du programme électronucléaire par le plan Messmer, arrêté en conseil des ministres le 6 mars 1974, quatre semaines avant sa mort le 2 avril.
Ouverture européenne
  • Levée du veto français au sommet de La Haye des 1er et 2 décembre 1969, qui conduit à l'entrée du Royaume-Uni le 1er janvier 1973.

Inférence Réalisation forte sur le volet industriel, mais mandat tronqué qui interdit tout bilan complet.

Portrait de Valéry Giscard d'Estaing

1974-1981 · Président de la République

Valéry Giscard d'Estaing

non mesuré qualitatif

Majorité de coalition centre-droit, deux chocs pétroliers

Le décalage le plus instructif de la série : exécution rapide sur les réformes de société, échec sur l'économie. Le même président, deux bilans opposés.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Réformes de société, exécution rapide
  • Majorité civile à 18 ans (loi du 5 juillet 1974).
  • Remboursement de la contraception (loi du 4 décembre 1974).
  • Saisine du Conseil constitutionnel par soixante parlementaires (révision du 29 octobre 1974).
  • Loi Veil sur l'IVG (17 janvier 1975).
  • Divorce par consentement mutuel et collège unique (lois du 11 juillet 1975).
Économie : le programme rencontre les deux chocs pétroliers
  • 439 000 demandeurs d'emploi en mars 1974 (INSEE, Économie et statistique, 1974).
  • Le million est franchi en 1976.
  • Les deux millions de demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE sont dépassés en 1981 (chronologie Europe 1 sur données ANPE, ordre de grandeur à recouper avec les séries INSEE).

Inférence Réalisation forte sur le sociétal, faible sur l'économique. Un programme n'est pas tenu ou trahi dans l'absolu, il rencontre une conjoncture.

Portrait de François Mitterrand

1981-1988 · Premier septennat

François Mitterrand

non mesuré qualitatif

Majorité absolue PS, tournant de la rigueur en 1983, cohabitation 1986-1988

Les « 110 propositions pour la France », adoptées au congrès de Créteil le 24 janvier 1981, sont le seul texte d'avant 1995 qui se prêterait à un codage moderne. Il n'a jamais été fait par la recherche.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Réalisations datées de la première année
  • Autorisation des radios libres (loi du 9 novembre 1981).
  • Abolition de la peine de mort (loi du 9 octobre 1981).
  • 39 heures et cinquième semaine de congés payés (ordonnances du 16 janvier 1982).
  • Nationalisations (loi du 11 février 1982).
  • Décentralisation (loi Defferre du 2 mars 1982).
  • Retraite à 60 ans (ordonnance du 26 mars 1982).
  • Impôt sur les grandes fortunes (loi de finances pour 1982).
Non tenues ou dénaturées
  • Les 35 heures (proposition 23), réduites à 39.
  • Le référendum sur le nucléaire (proposition 38).
  • Le quinquennat (proposition 45).
  • Le volet macroéconomique de relance, enterré par le tournant de la rigueur de mars 1983, après la troisième dévaluation du franc.

Le seul décompte disponible est un autobilan : en janvier 1986, Laurent Fabius revendique 103 propositions « réalisées totalement ou partiellement » (Le Chemin parcouru, cité par l'article Wikipédia consacré aux 110 propositions, à recouper sur le document d'origine). Un ouvrage collectif de Mediapart a refait l'inventaire trente ans après (Les 110 propositions, dir. Laurent Mauduit, 2011), sans méthode de scoring homogène.

Inférence Réalisation forte sur le sociétal et le social de 1981-1982, contredite ensuite par la contrainte extérieure.

Portrait de François Mitterrand

1988-1995 · Second septennat

François Mitterrand

non mesuré qualitatif

Majorité relative PS, cohabitation avec Édouard Balladur de mars 1993 à mai 1995

« Lettre à tous les Français » du 7 avril 1988 : programme volontairement peu chiffré, choix tactique assumé après l'expérience de 1981.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Réalisations marquantes
  • Revenu minimum d'insertion (loi du 1er décembre 1988).
  • Contribution sociale généralisée (loi de finances pour 1991).
  • L'une et l'autre sont des matrices de la protection sociale contemporaine.

La cohabitation avec Édouard Balladur, du 29 mars 1993 au 11 mai 1995, transfère l'exécution du programme à Matignon.

Inférence Réalisation moyenne, bridée par l'institution et par la maladie du président. Un programme flou est aussi un programme difficile à évaluer, ce qui n'est pas un hasard.

Mandat par mandat, ce qui est tenu et ce qui ne l'est pas

À partir de 1995, le corpus existe. Chaque mandat est présenté avec son taux, son statut de vérification, ce qui est tenu, ce qui ne l'est pas, et l'écart entre le chiffre et la mémoire publique.

Portrait de Jacques Chirac

1995-2002 · Premier mandat

Jacques Chirac

30 % vérifié

Majorité 1995-1997, dissolution ratée, cohabitation 1997-2002

Le taux le plus bas de la série additionne un reniement précoce du thème central de campagne et cinq ans d'incapacité institutionnelle.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
La séquence
  • Élu le 7 mai 1995 sur la « fracture sociale ».
  • Annonce dès le 15 novembre 1995 le plan Juppé de redressement de la Sécurité sociale, qui déclenche les grèves de novembre-décembre 1995.
  • Dissout l'Assemblée le 21 avril 1997 et perd les législatives des 25 mai et 1er juin. Cinq années de cohabitation suivent.
Tenu dans la fenêtre de majorité
  • Reprise puis arrêt définitif des essais nucléaires (annonce du 13 juin 1995, dernier essai le 27 janvier 1996).
  • Suspension de la conscription (annonce du 22 février 1996, loi du 28 octobre 1997).

Le quinquennat, adopté par référendum le 24 septembre 2000, n'était le programme de personne en 1995 ni en 1997 ; proposé par Giscard, accepté par Chirac et Jospin, il change ensuite toute la mécanique de réalisation en alignant les législatives sur la présidentielle.

Inférence Le taux le plus bas de la série ne se lit pas comme un défaut de sincérité, mais comme la trace d'une capacité perdue en deux ans.

Portrait de Lionel Jospin

1997-2002 · Premier ministre, cas de contrôle

Lionel Jospin

environ 70 % inféré, non publié

Cohabitation, majorité plurielle à l'Assemblée

Le seul chef de gouvernement du corpus. Sur la même période où le président plafonne à 30 %, le programme socialiste de 1997 obtient un taux élevé : en cohabitation, c'est Matignon qui exécute son programme.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Tenu
  • Emplois-jeunes (loi du 16 octobre 1997).
  • 35 heures (lois du 13 juin 1998 et du 19 janvier 2000).
  • Couverture maladie universelle (loi du 27 juillet 1999).
  • PACS (loi du 15 novembre 1999).

Inférence La démonstration la plus nette de la règle centrale : la capacité d'exécution ne suit pas la fonction présidentielle, elle suit la majorité parlementaire.

Portrait de Jacques Chirac

2002-2007 · Second mandat

Jacques Chirac

environ 70 % inféré, non publié

Majorité absolue UMP

Réélu le 5 mai 2002 avec 82,2 % contre Jean-Marie Le Pen, il obtient en juin une majorité absolue UMP. La promesse fiscale phare est livrée à moitié.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
La promesse fiscale, partiellement tenue
  • Engagement : baisser l'impôt sur le revenu d'un tiers en cinq ans (chronique de Thomas Piketty, Le Monde, 13 mars 2002 ; question écrite n° 11733, Assemblée nationale, 2003).
  • Livré : baisse de 5 % en 2002, 1 % en 2003, 3 % en 2004, puis refonte du barème en 2006.
  • Le gouvernement revendique un allègement global « de 20 % en moyenne » (réponse ministérielle à la question écrite n° 107177, 12e législature). Codage probable : partiellement tenue.
Chantiers annoncés après l'élection, le 14 juillet 2002
  • Sécurité routière.
  • Plan cancer, lancé le 24 mars 2003.
  • Handicap : loi du 11 février 2005.
Engagements de 2002 tenus
  • Réforme des retraites : loi Fillon du 21 août 2003.
  • Charte de l'environnement : loi constitutionnelle du 1er mars 2005.

Le refus de la guerre en Irak (discours de Dominique de Villepin à l'ONU le 14 février 2003) est un acte du mandat, pas une promesse de campagne : le compter dans le bilan est légitime politiquement, pas méthodologiquement. Le référendum perdu du 29 mai 2005 (54,7 % de non) est un échec politique, pas un reniement de programme.

Mi-2006, l'Élysée affirmait au Figaro que « sur les 103 engagements pris en 2002, cent ont été tenus » (Acteurs publics, 2007) : un autobilan, à ne pas confondre avec une mesure.

Inférence Majorité absolue, taux élevé, malgré une promesse fiscale centrale livrée à moitié.

Portrait de Nicolas Sarkozy

2007-2012 · Président de la République

Nicolas Sarkozy

54 % vérifié

Majorité absolue UMP, crise financière de 2008

Programme dense et opérationnel, en partie repris de rapports déjà à l'agenda, ce qui facilite l'exécution. Puis 2008 fait dérailler le volet économique.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Tenu dans les trois premiers mois
  • Autonomie des universités (loi LRU du 10 août 2007).
  • Défiscalisation des heures supplémentaires (loi TEPA du 21 août 2007).
  • Service minimum dans les transports (loi du 21 août 2007).
Tenu ensuite
  • Alignement des régimes spéciaux de retraite (automne 2007-2008).
  • Revenu de solidarité active (loi du 1er décembre 2008).
  • Ratification du traité de Lisbonne par le Parlement sans référendum (février 2008).
Ce qui ne compte pas comme promesse tenue
  • La réforme des retraites du 9 novembre 2010, qui porte l'âge légal de 60 à 62 ans, ne figurait pas dans le programme de 2007 : celui-ci se limitait aux régimes spéciaux, et le candidat avait déclaré en janvier 2007 que le droit à la retraite à 60 ans devait « demeurer » (Encyclopædia Universalis, « Les années Sarkozy, politiques sociales » ; Public Sénat, 3 mai 2023). Au mieux une décision hors programme, au pire un engagement contraire.
  • La crise de 2008 fait dérailler le volet croissance et pouvoir d'achat, dont le slogan « travailler plus pour gagner plus ».

Inférence 54 % dans une crise systémique reste un bilan de réalisation significatif : c'est le terme exact des auteurs.

Portrait de François Hollande

2012-2017 · Président de la République

François Hollande

environ 70 % inféré, non publié

Majorité absolue PS, fronde interne

Le cas exemplaire du biais de perception : taux réel élevé, souvenir public d'échec, parce que les promesses spectaculaires manquées structurent la mémoire.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Tenu
  • Mariage pour tous (loi du 17 mai 2013).
  • Non-cumul des mandats (loi organique du 14 février 2014).
  • Compte pénibilité (loi du 20 janvier 2014).
  • Encadrement des loyers (loi ALUR du 24 mars 2014).
Tenu sur le papier, partiel dans les faits
  • Les 60 000 postes dans l'éducation, programmés par la loi du 8 juillet 2013 (54 000 à l'Éducation nationale, 5 000 dans le supérieur, 1 000 dans l'agricole).
  • La Cour des comptes relève que 13 % des postes ouverts entre 2012 et 2015 n'ont pas été pourvus (4 074 sur 31 627) et que 29 590 des 60 000 sont des postes de stagiaires (Lui Président, fiche « 60 000 postes », verdict « partiellement tenue »).
Non tenu
  • L'inversion de la courbe du chômage, promise le 9 septembre 2012 pour la fin 2013.
  • Le retour du déficit sous 3 % dès 2013 et l'équilibre en 2017 (engagement n° 9, rappelé par les questions au gouvernement n° 4251 et 4144, 14e législature).
  • La fermeture de Fessenheim, annoncée pour la fin 2016, effective en 2020 : cas d'école d'une « promesse tenue sans être mise en œuvre » (Deront, Evrard et Persico, RFSP, 2018).

« 60 engagements pour la France » présentés le 26 janvier 2012, quatre jours après le discours du Bourget, qui désignait « le monde de la finance » comme « véritable adversaire ». Le CICE (loi de finances rectificative du 29 décembre 2012) et le pacte de responsabilité (14 janvier 2014) inversent cette ligne.

Le tracker Lui Président, créé par trois journalistes (Corentin Dautreppe, Clément Parrot, Maxime Vaudano) et hébergé par Le Monde en blog invité, conclut en mai 2017 à 40 % de promesses tenues et près d'un quart brisées (analyse publiée dans Le Monde le 13 mai 2017, relayée par la RTS). Les deux chiffres, 40 % et « proche de 70 % », décrivent le même mandat avec deux règles de comptage : le tracker ne compte que le tenu intégral, l'étude inclut le partiel.

Inférence Taux réel élevé, souvenir public d'échec. L'écart ne vient pas de la mesure, il vient de ce dont on se souvient.

Portrait de Emmanuel Macron

2017-2022 · Premier mandat

Emmanuel Macron

supérieur à 70 % vérifié

Majorité absolue LREM-MoDem

Le taux le plus élevé de la série. Programme resserré dans un livret de trente pages publié en février 2017, majorité absolue en juin : capacité institutionnelle plus programme précis égale taux élevé.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
Tenu
  • Transformation de l'ISF en IFI (loi de finances pour 2018).
  • Suppression du RSI.
  • Prélèvement à la source (1er janvier 2019, reporté d'un an).
  • Dédoublement des CP en éducation prioritaire (rentrée 2017).
  • Pacte ferroviaire (loi du 27 juin 2018).
  • Suppression progressive de la taxe d'habitation (80 % des foyers en 2020, tous en 2023).
  • Transformation du CICE en allègements de cotisations (2019).
  • Fonds pour l'innovation de 10 milliards.
Non tenu
  • Le système universel de retraite, adopté en première lecture par 49.3 le 29 février 2020 (texte considéré comme adopté le 3 mars), puis suspendu le 16 mars 2020 par le confinement, après les grèves de décembre 2019 et janvier 2020 (dossier législatif Légifrance ; Assemblée nationale, 15e législature).
  • La réduction de 120 000 emplois publics (Institut Montaigne, bilan du quinquennat).
  • La révision constitutionnelle et la dose de proportionnelle, jamais adoptées (LCP, 16 mars 2022).
  • Le revenu universel d'activité.
  • La baisse de la dette de cinq points, inversée par le Covid : dette publique de l'ordre de 98 % du PIB fin 2017 et près de 113 % fin 2021 (INSEE, chiffre de mémoire, à recouper).

Le candidat a longtemps été réticent à l'exercice du programme lui-même (Isabelle Guinaudeau, citée par Slate, juin 2021). Le tracker Lui Président a suivi 401 promesses ; à un an de la fin, 61 étaient tenues, 25 partiellement, 40 en cours, 17 non tenues, le reste non tranché (Slate, 3 juin 2021) ; son bilan de mars 2022 compte 125 promesses jamais concrétisées (relayé par l'agence Anadolu, à recouper sur luipresident.fr).

Les Gilets jaunes, à partir du 17 novembre 2018, ont coûté un semestre d'agenda et des mesures de pouvoir d'achat de l'ordre de 10 milliards d'euros (de mémoire, à recouper). Ils n'ont pas arrêté la réforme des retraites, qui a été déposée quatorze mois plus tard.

Inférence Illustration de la règle centrale : capacité institutionnelle plus programme précis égale taux élevé.

Portrait de Emmanuel Macron

2022-2027 · Second mandat

Emmanuel Macron

non mesurable avant 2027 sans objet

Majorité relative, dissolution 2024, quatre Premiers ministres

Réélu le 24 avril 2022, il ne dispose que d'une majorité relative après les législatives du 19 juin 2022, première fois depuis le passage au quinquennat.

Le détail : faits datés, sources, niveau de réalisation
La réforme des retraites, tenue puis gelée
  • Promesse de campagne : 65 ans, puis 64. Passe par 49.3 le 16 mars 2023, devient la loi du 14 avril 2023.
  • Le 14 octobre 2025, Sébastien Lecornu annonce la suspension de la réforme « jusqu'à l'élection présidentielle ».
  • La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée définitivement le 16 décembre et promulguée le 30 décembre 2025 (loi n° 2025-1403, article 105), gèle le relèvement de l'âge légal et de la durée d'assurance pour les départs à compter du 1er septembre 2026 et jusqu'au 1er janvier 2028 ; les générations 1964 à 1968 gagnent un trimestre. La réforme n'est pas abrogée (dossier PLFSS 2026, Assemblée nationale et Sénat ; circulaire Cnav 2026-07 du 5 mars 2026).
  • Édouard Philippe, candidat déclaré pour 2027, fait de la réforme des retraites « la question la plus importante » du prochain mandat (Public Sénat, série d'été, août 2026).
L'instabilité gouvernementale
  • La dissolution du 9 juin 2024 produit une Assemblée sans majorité.
  • Michel Barnier est censuré le 4 décembre 2024.
  • François Bayrou perd un vote de confiance le 8 septembre 2025.
  • Sébastien Lecornu est nommé le 9 septembre, démissionne le 6 octobre, est renommé le 10 octobre 2025 (info.gouv.fr).

Une promesse tenue par 49.3 en 2023, gelée par le même exécutif en 2025 et rouverte par son ancien Premier ministre en 2026 : le codage dira « réalisée », l'histoire dira autre chose.

Hypothèse Non démontrée : le taux de réalisation de ce mandat sera nettement inférieur à celui du premier, pour raison strictement institutionnelle. La prochaine vague de l'étude Sciences Po tranchera.

Ce que la comparaison internationale apprend

Le consortium international a codé plus de 20 000 promesses dans 57 campagnes et 12 pays : Autriche, Bulgarie, Canada, Allemagne, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède, Royaume-Uni, États-Unis (Thomson et al., 2017). Le résultat contredit le sens commun : les partis qui entrent au gouvernement tiennent une part élevée de leurs engagements, et bien plus que ceux qui restent dans l'opposition.

Les taux les plus hauts se trouvent au Canada, au Portugal, en Espagne, en Suède et au Royaume-Uni, pays de gouvernements monopartisans ; les plus bas en Autriche, Bulgarie, Allemagne, Irlande, Italie et Pays-Bas, pays de coalitions. Aux États-Unis, plus de 60 % des promesses du parti du président sont au moins partiellement tenues, un niveau comparable à celui des partis de coalition.

La France n'est pas dans cet échantillon. Sa série nationale, méthodologiquement compatible, la place à 60 % en moyenne, soit le niveau américain ou celui d'une coalition, avec un pic au-dessus de 70 % pour Macron I qui rejoint la zone des gouvernements monopartisans. L'inférence s'impose : un président doté d'une majorité absolue fonctionne comme un gouvernement monopartisan britannique ou espagnol ; privé de cette majorité, il retombe au niveau d'un exécutif de coalition ou d'un président américain face à un Congrès hostile. La Ve République ne garantit pas la tenue des promesses. Elle la rend possible quand le fait majoritaire est là, et improbable quand il manque.

Les autobilans contre les compteurs indépendants

Chaque exécutif produit son propre décompte, et il est toujours flatteur. Fabius, janvier 1986 : 103 propositions sur 110 « réalisées totalement ou partiellement ». Élysée, 2006 : 100 engagements sur 103 tenus. Hollande, printemps 2017 : un document de 70 pages mis en ligne par l'Élysée pour défendre le bilan (RTS, 13 mai 2017). Ministère de l'Éducation nationale, rentrée 2016 : les 60 000 postes « bel et bien tenus », avec les stagiaires et les assistants d'éducation dans le compte.

Face à ces chiffres, deux familles de compteurs indépendants ne donnent pas le même résultat parce qu'ils ne comptent pas la même chose. Les trackers journalistiques (Lui Président, Les Décodeurs du Monde, LCP) travaillent promesse par promesse sur un corpus large, avec une exigence de tenue intégrale : 40 % pour Hollande. La recherche académique code un corpus filtré par la précision des engagements et agrège le partiel : « proche de 70 % » pour le même mandat.

Un même quinquennat donne donc 100 % en autobilan, 40 % au tracker et 70 % à l'université. Aucun des trois ne ment ; chacun a sa règle de comptage. Un taux de réalisation sans sa règle de comptage est un slogan.

Ce point de méthode fixe la manière de lire n'importe quel bilan présenté en 2027 : demander l'unité (la promesse, la mesure, la loi votée, la loi appliquée), le seuil (intégral ou partiel), le périmètre (programme de campagne ou engagements pris en cours de mandat) et l'auteur du décompte.

Tenir parole ne rapporte rien : le résultat qui dérange

FAIT : en croisant les 921 promesses et la popularité mensuelle des présidents de 1995 à 2022, Grossman et Guinaudeau ne trouvent aucun effet statistiquement significatif de la réalisation des promesses sur l'approbation publique. Les grandes variables macroéconomiques (PIB, chômage, confiance des consommateurs) n'ont pas non plus d'effet significatif dans la régression multivariée ; la croissance apparaît même avec un signe négatif (chapitre 6, p. 156, lecture de Christophe Bouillaud, note du 14 mars 2026). La cote des présidents suit une courbe descendante quasi mécanique, insensible au bilan.

Les auteurs avancent deux explications. Le coût de gouverner d'abord : l'opinion tient l'exécutif responsable de tout ce qui arrive, et d'abord de ce qui arrive de mal. La fragmentation ensuite : dans une société aussi divisée, une promesse tenue satisfait ses bénéficiaires et mécontente tous les autres, parfois y compris ses bénéficiaires, qui la trouvent en deçà de l'attente. Leur conclusion politique est explicite : réfléchir à une forme de gouvernement plus collégial, qui répartisse le crédit des promesses tenues comme le prix des défaites (The Conversation, 22 janvier 2026). Bouillaud, coauteur de l'étude Sarkozy, propose une lecture concurrente : l'opinion réagirait à la ligne générale suivie depuis les années 1980, négative selon lui pour une majorité d'électeurs, et non au détail des promesses tenues une à une. Les deux lectures sont compatibles avec les données ; la seconde n'est pas testée dans l'étude.

La perception confirme le découplage. Baromètre de la confiance politique du Cevipof, vague 17, enquête OpinionWay du 12 au 28 janvier 2026 auprès de 3 166 inscrits : 78 % des Français n'ont pas confiance dans la politique, 22 % ont confiance, le niveau le plus bas depuis la création du baromètre en 2009 ; 20 % pensent que les responsables politiques essaient de tenir leurs promesses, contre 29 % en Italie, 31 % en Allemagne et 39 % au Royaume-Uni ; 88 % jugent que les élus en échec n'assument pas leurs responsabilités ; 49 % souhaitent le retour d'une majorité nette à l'Assemblée (Cevipof, 9 février 2026 ; franceinfo, 10 février 2026).

INFÉRENCE : la mémoire publique n'est pas structurée par le taux, elle l'est par la promesse spectaculaire trahie. Fracture sociale, travailler plus pour gagner plus, inversion de la courbe, mon ennemi c'est la finance : quatre slogans manqués pèsent plus que des centaines de mesures votées.

Lecture transversale : quatre régularités

Ce que la série 1958-2027 enseigne, une fois les chiffres remis à leur place.

La capacité prime sur la volonté

Le déterminant premier du taux est l'architecture du pouvoir au moment d'exécuter, loin devant la sincérité du candidat.

Ce que montre la série

Majorité absolue : Macron I au-dessus de 70 %, Chirac II et Hollande proches. Cohabitation : Chirac I à 30 %, pendant que Jospin, qui détient Matignon, obtient un taux élevé avec le programme adverse. Majorité relative et dissolution : Macron II, non mesuré mais déjà lisible dans la suspension de sa propre réforme. Le modèle conditionnel de 2018 le disait avant les chiffres de 2025 : motivation et capacité, et la capacité relève d'abord de l'institution.

La conjoncture arbitre le volet économique

Le volet économique d'un programme est le premier sacrifié quand la crise arrive, parce qu'il est le plus dépendant de l'extérieur.

Ce que montre la série

Giscard et les chocs pétroliers, Mitterrand et le franc en 1983, Sarkozy et 2008, Hollande et la courbe du chômage, Macron I et le Covid. Le volet sociétal, lui, se tient presque toujours : IVG, abolition, PACS, mariage pour tous, non-cumul. Il coûte peu au budget et beaucoup au débat, ce qui est exactement l'inverse d'une relance.

L'unité de compte fait le chiffre

Autobilan, tracker, recherche : 100, 40, 70 pour le même mandat.

Ce que montre la série

Devant un taux, une seule question utile : compté comment. L'unité (promesse, mesure, loi votée, loi appliquée), le seuil (intégral ou partiel), le périmètre (campagne ou mandat) et l'auteur du décompte décident du résultat avant les faits.

Le compte ne se solde pas à la fin du mandat

Une promesse tenue est un état provisoire du droit, pas un acquis.

Ce que montre la série

L'impôt sur les grandes fortunes de 1982 est supprimé en 1986, rétabli en 1988-1989, transformé en IFI en 2017. La retraite à 60 ans de 1982 passe à 62 en 2010, 64 en 2023, et le calendrier de 2023 est gelé en 2025 jusqu'en 2028. Fessenheim est « fermée » en 2012 et ferme en 2020. Pour l'électeur comme pour le chercheur, la bonne unité de temps est la décennie, pas le quinquennat.

Et maintenant : trois questions pour lire les programmes de 2027

Les programmes de 2027 arriveront avec leurs chiffrages et leurs promesses d'exemplarité. La série 1995-2022 donne une grille de lecture en trois questions, à appliquer engagement par engagement.

Précision

L'engagement est-il assez précis pour qu'on puisse en vérifier la tenue en 2032 : une date, un montant, un périmètre ? S'il ne l'est pas, il ne sera jamais ni tenu ni trahi, il sera oublié.

Capacité

Quelle configuration institutionnelle l'exécution suppose-t-elle : majorité absolue, 49.3, référendum, loi de finances ? Depuis 2022, la question n'est plus théorique, et 49 % des Français demandent le retour d'une majorité nette.

Réversibilité

Que reste-t-il de la mesure si la conjoncture tourne, si la majorité tombe, si le successeur la défait ? Une réforme votée par 49.3 et gelée deux ans plus tard répond à cette question par l'exemple.

Un dirigeant reconnaîtra la grille. Un plan stratégique vaut ce que vaut la gouvernance capable de l'exécuter : sans capacité d'arbitrage, sans budget voté, sans réversibilité prévue, la feuille de route la plus précise devient un catalogue d'intentions. Le taux de réalisation des programmes présidentiels enseigne moins sur les présidents que sur la différence entre décider et pouvoir.

Vérification et sources primaires

Annexe A. Vérification de la note initiale (24 affirmations passées au crible)

Méthode : chaque affirmation factuelle de la note de trois pages du 26 août 2026 est confrontée à sa source primaire. Les thèses (capacité prime sur volonté, conjoncture arbitre, biais de perception) ne sont pas vérifiées : elles se défendent, elles ne se sourcent pas. Verdicts sur l'échelle fixe : confirmé, partiellement exact, déformé, infirmé, non vérifiable.

Affirmation de la note initialeVerdictSource primaire et écartFormulation sûre
Étude « Guinaudeau et Persico, 921 promesses, 1995-2022 »déforméL'article de 2026 est de Guinaudeau et Grossman ; Persico est coauteur des travaux de 2017 et 2018« Étude Sciences Po CEE, projet PARTIPOL (Guinaudeau, Grossman, avec Persico, Brouard et Bouillaud pour les travaux antérieurs), 921 promesses, 1995-2022 »
« The Conversation, avril 2026 »déforméPublié le 22 janvier 2026, relayé par 20 Minutes le 1er février, Sciences Po CEE le 19 mars ; la page affiche une mise à jour en avril« The Conversation, 22 janvier 2026 »
« Revue française de science politique, 2018 et 2026 »partiellement exact2018 existe (68 (2), p. 215-237). Aucun article RFSP 2026 : la source de 2026 est un chapitre Palgrave 2025« RFSP 2018 ; Grossman et Guinaudeau, French Democracy in Distress, Palgrave, 2025, chap. 6 »
Taux moyen « autour de 60 % sur les cinq derniers mandats »confirmé« près de 60 % en moyenne sur les cinq derniers mandats présidentiels »inchangé
Chirac I 30 %, Sarkozy 54 %, Macron I supérieur à 70 %confirméThe Conversation, 22 janvier 2026inchangé
Chirac II et Hollande « proche de 70 %, inféré de suit de près »confirméInférence correctement signaléeinchangé
Jospin « affiche un taux élevé, proche de 70 % »partiellement exactL'article dit « suit de près » ; le chiffre n'est pas donné« Jospin suit de près Macron I (taux non publié) »
Une promesse n'est retenue que si assez précise ; le partiel compte ; programmes des vainqueurs seulementconfirméMéthode CPPG (Thomson et al., 2017) ; « réalisation partielle ou complète » ; corpus des programmes des présidents élus plus Jospin 1997inchangé
« La réalisation des promesses ne produit aucun effet mesurable sur la popularité »confirmé« aucun effet statistiquement significatif » (Grossman et Guinaudeau, 2025 ; The Conversation, 2026)inchangé, ajouter que les variables macroéconomiques n'ont pas d'effet non plus
Force de dissuasion opérationnelle 1960-1964, OTAN 1966, Évian 1962, référendum 1962, référendum perdu 1969confirméFaits historiques stabilisésinchangé
Pompidou : entrée du Royaume-Uni négociée, nucléaire civil lancéconfirméSommet de La Haye décembre 1969 ; adhésion 1er janvier 1973 ; plan Messmer, 6 mars 1974préciser les dates
Giscard : majorité 18 ans, loi Veil 1975, divorce 1975, contraception rembourséeconfirméLois du 5 juillet 1974, 17 janvier 1975, 11 juillet 1975, 4 décembre 1974inchangé, dater
Mitterrand I : liste des réalisations 1981-1982 et tournant de 1983confirméLois et ordonnances datées dans le corps de la noteinchangé, dater
Mitterrand II : RMI 1988, cohabitation 1993-1995confirméLoi du 1er décembre 1988 ; Balladur mars 1993-mai 1995inchangé
Chirac I : plan Juppé automne 1995, dissolution 1997, Jospin 35 heures, CMU, emplois-jeunes, PACSconfirméFaits datésinchangé
Chirac II : « baisse de l'impôt sur le revenu » comptée comme réalisationpartiellement exactPromesse d'un tiers ; livré 5, 1 et 3 %, puis réforme 2006, « 20 % en moyenne » selon le gouvernement« baisse de l'impôt sur le revenu, promise d'un tiers, réalisée partiellement »
Chirac II : loi handicap 2005, plan cancer, refus de la guerre en Irak, listés comme « réalisations vérifiables »partiellement exactHandicap et cancer sont des chantiers annoncés le 14 juillet 2002, après l'élection ; l'Irak est un acte, pas une promessedistinguer engagements de campagne et actes du mandat
Sarkozy : « réforme des retraites de 2010 » dans la liste « Tenu »infirméLe programme de 2007 se limitait aux régimes spéciaux ; le candidat voulait conserver la retraite à 60 ans« réforme des retraites de 2010, hors programme et contraire à la position de campagne »
Hollande : « tracker indépendant Lui Président (associé au Monde) confirme un socle tenu »partiellement exactLui Président, trois journalistes, blog invité ; verdict global 40 % tenues, près d'un quart brisées« Lui Président compte 40 % de promesses intégralement tenues ; l'étude, qui inclut le partiel, place Hollande près de 70 % »
Hollande : mariage pour tous 2013, encadrement des loyers, postes éducation, compte pénibilitéconfirméLois datées ; 60 000 postes « partiellement tenue » selon Lui Président et la Cour des comptesinchangé, qualifier les 60 000 postes
Macron I : ISF-IFI, prélèvement à la source, SNCF, dédoublement, taxe d'habitationconfirméLois datéesinchangé
Macron I : « réforme des retraites stoppée par les Gilets jaunes puis le Covid »déformé49.3 le 29 février 2020 après les grèves de décembre 2019 ; suspension le 16 mars 2020« stoppée par les grèves de l'hiver 2019-2020 puis suspendue le 16 mars 2020 par le Covid »
Macron II : « réforme des retraites de 2023 passée au prix du 49.3, compte comme promesse tenue »partiellement exactExact en 2023 ; gelée jusqu'au 1er janvier 2028 par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403, art. 105)« tenue en 2023, partiellement gelée en 2025 jusqu'en 2028 »
Macron II : « pas de majorité absolue depuis 2022, dissolution 2024, instabilité gouvernementale »confirméQuatre Premiers ministres depuis septembre 2024, une censure, un vote de confiance perduinchangé, dater

Tableau large : faites défiler horizontalement.

Annexe B. Sources primaires mobilisées

Par ordre de solidité. Les chiffres signalés « à recouper » dans le corps de la page ne portent aucune conclusion.

Textes de loi et documents officiels

  • Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026, article 105
  • Dossiers législatifs Légifrance, Assemblée nationale et Sénat sur le système universel de retraite (2020)
  • Loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 (programmation des 60 000 postes)
  • Réponses ministérielles aux questions écrites n° 11733 et 107177 (12e législature) sur l'impôt sur le revenu
  • Questions au gouvernement n° 4251 et 4144 (14e législature) sur l'engagement n° 9 de François Hollande
  • info.gouv.fr, nominations de Sébastien Lecornu (9 septembre et 10 octobre 2025)
  • INSEE, Économie et statistique, n° 62, 1974 (demandeurs d'emploi en mars 1974)
  • Circulaire Cnav 2026-07 du 5 mars 2026

Recherche évaluée par les pairs

  • Grossman E. et Guinaudeau I., « Does It Pay to Keep One's Word ? Pledge Performance, Executive Popularity in France », in French Democracy in Distress, Palgrave Macmillan, 2025, p. 139-164
  • Guinaudeau I. et Persico S., « Tenir promesse. Les conditions de réalisation des programmes électoraux », Revue française de science politique, 68 (2), 2018, p. 215-237, et le dossier « Promesses électorales » du même numéro
  • Bouillaud C., Guinaudeau I. et Persico S., « Parole tenue ? Une étude de la trajectoire des promesses électorales du président Nicolas Sarkozy (2007-2012) », Gouvernement et action publique, 6 (3), 2017, p. 85-113
  • Brouard S., Grossman E., Guinaudeau I., Persico S. et Froio C., « Do Party Manifestos Matter in Policymaking ? », Political Studies, 2018
  • Thomson R. et al., « The Fulfillment of Parties' Election Pledges : A Comparative Study on the Impact of Power Sharing », American Journal of Political Science, 61 (3), 2017, p. 527-542
  • Cevipof, Baromètre de la confiance politique, vague 17, février 2026 (OpinionWay, 12-28 janvier 2026, 3 166 inscrits)

Synthèses des auteurs et relais de référence

  • Guinaudeau I. et Grossman E., « En France, tenir ses promesses électorales ne rapporte rien », The Conversation, 22 janvier 2026
  • Bouillaud C., note de lecture de French Democracy in Distress, 14 mars 2026
  • Lui Président (luipresident.fr), fiches Hollande et Macron, analyse « Cinq ans après » publiée dans Le Monde le 13 mai 2017
  • Slate, 3 juin 2021 (401 promesses Macron I) ; LCP, 16 mars 2022 (bilan des engagements 2017)
  • Institut Montaigne, « Quinquennat Macron : le grand décryptage »
  • Public Sénat, série d'été « Emmanuel Macron, 10 ans après », août 2026
  • Acteurs publics, « Chirac, entre bilan et promesses », 2007 ; Encyclopædia Universalis, « Les années Sarkozy (2007-2012) »

Chiffres signalés « à recouper » : dette publique 2017-2021 (INSEE), coût des mesures Gilets jaunes de décembre 2018, franchissement des deux millions de demandeurs d'emploi en 1981, décompte Fabius de 1986, décompte final Lui Président pour Macron I. Aucun de ces chiffres ne porte de conclusion.

Crédits photographiques

Portraits issus de Wikimedia Commons, sous licence libre. Auteur et licence pour chacun :

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  • Lionel Jospin : Parlement européen — licence Attribution
  • Nicolas Sarkozy : Cabinet du Premier ministre du Japon — CC BY 4.0
  • François Hollande : Christophe Licoppe / Union européenne, 2024 / EC - Audiovisual Service — CC BY 4.0
  • Emmanuel Macron : Nebojša Tejić — domaine public

Ce que la dette publique dit des mêmes mandats

Cette page mesure des promesses tenues. Une autre mesure circule beaucoup, plus brutale et plus trompeuse : la dette ajoutée pendant chaque mandat. Sur France Équilibre 2032, la même série 1978-2025 est reprise à partir des données INSEE et Eurostat, avec les sept décisions de méthode qui font le classement et trois mesures qui donnent trois ordres différents.

La dette publique mandat par mandat (nouvel onglet)

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