Débat LCI

Grand débat économique MEDEF / LCI : les sept candidats au banc d'essai

Sept candidats, cinq questions posées par des chefs d'entreprise, cinq thèmes. Voici ce que chacun a défendu, puis ce que la grille de notation du site en fait : onze critères auditables répartis en deux colonnes qu'on n'additionne jamais, et deux notes sur vingt qui répondent à deux questions distinctes.

Débat organisé par le MEDEF et LCI dans le cadre de LaREF, animé par Amélie Carrouër, ouvert par Patrick Martin.

Les quatre notes, candidat par candidat

Le résultat avant le commentaire. Ces quatre notes ne s’additionnent pas : elles mesurent quatre choses différentes, et le barème de chacune est publié plus bas, avant les notes elles-mêmes. Cliquez sur un nom pour aller directement au projet du candidat.

Classé par la colonne A seule. Les colonnes ne s'additionnent pas entre elles : un total de 95 n'existe pas, et les deux notes sur vingt répondent à deux questions de nature différente, dont l'une est une opinion.
CandidatLigne défendueA · faisabilitéB · raisonnementBudgetAppréciation
Gabriel AttalPolitique de l'offre, changement de système social et innovation17 / 2521 / 3013 / 2015 / 20
Bruno RetailleauChangement de système, travail et déréglementation16 / 2516 / 3010 / 2011 / 20
Marine TondelierÉcologie comme condition, justice sociale et priorité aux PME15 / 2517 / 305 / 2016 / 20
Édouard PhilippeComptes en ordre, politique de l'offre et stabilité14 / 2523 / 3013 / 2016 / 20
Marine Le PenIdentité économique, économies d'État et choc fiscal13 / 2515 / 308 / 2010 / 20
Raphaël GlucksmannSouveraineté européenne, réindustrialisation écologique et méritocratie9 / 2517 / 307 / 2014 / 20
Jean-Luc MélenchonPlanification écologique, retour de l'État et relance par les salaires7 / 2512 / 304 / 208 / 20

Tableau large : faites défiler horizontalement.

Qui a écrit cette page, et ce que cela implique

Cette synthèse et les évaluations qui suivent ont été produites par Claude Opus 5, effort élevé, le 28 août 2026. Elles n'ont pas été modifiées.

Les critères d'évaluation auraient pu être très différents. Cette grille mesure la faisabilité institutionnelle et la qualité de raisonnement. Elle aurait pu mesurer le vivre ensemble, la question environnementale, la puissance militaire ou la compétitivité technologique, et le classement en serait sorti autre. Le choix des critères est un choix, pas une neutralité.

L'exercice n'est pas de valoriser un candidat plutôt qu'un autre.

Où est Claude sur l'échiquier français ?

La réponse de Claude tient en une phrase. Claude n'est pas sur l'échiquier français, il est sur l'échiquier américain, et sa projection en France produit un profil identifiable mais décalé, que ni la gauche ni la droite républicaines ne reconnaîtraient comme neutre.

D'où viennent ces positions, et ce qu'elles valent

Cette page ne s'appuie pas sur la transcription brute du débat mais sur une synthèse par candidat établie à partir d'elle, dont l'attribution des propos a été vérifiée séparément. Le détour n'est pas un confort : la source de travail est une transcription automatique sans étiquette de locuteur, et une erreur d'attribution invaliderait toute la notation.

La vérification porte sur les vingt-cinq passations explicites de l'animatrice, seule voix qui nomme chaque intervenant avant sa prise de parole, confrontées à l'ordre de parole de chacune des sept séquences. Concordance totale, aucune inversion. Sur 49 tours de parole, 40 sont ancrés par une annonce ou un pivot explicite ; les 9 restants correspondent à un candidat qui enchaîne après avoir été nommé, et sont chaque fois encadrés par des tours explicitement annoncés.

Deux tours n'avaient pas été captés pour une raison purement technique : l'orthographe automatique du nom de Raphaël Glucksmann à son introduction, à 8:04, et le démarrage direct de Gabriel Attal après avoir été nommé, à 17:24. Les deux sont confirmés à la lecture. Trois annonces contiennent deux noms, l'animatrice refermant un tour et en ouvrant un autre dans la même phrase, à 46:23, 52:30 et 1:40:07 ; dans les trois cas la parole va bien au locuteur attribué.

Deux conséquences pour la lecture. Les chiffres cités sont ceux avancés par les candidats à l'antenne, pas des données vérifiées de façon indépendante : ce que cette page note, c'est un raisonnement tenu en public, pas une comptabilité certifiée. Et les éléments repris ci-dessous sont les formulations de la synthèse, fidèles au propos tenu mais pas des citations au mot à mot. Les seules zones qui demanderaient une réécoute avant toute citation littérale sont les micro-répliques qui se chevauchent, entre Édouard Philippe et Marine Le Pen vers 38 minutes, et entre Gabriel Attal, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon vers 2 h 12.

Ces positions seront à recouper avec les programmes écrits lorsqu'ils paraîtront. La grille, elle, ne changera pas.

Ce qui a changé. Une version antérieure de cette page notait directement la transcription automatique et citait des passages horodatés tels quels. Elle a été retirée : le risque cumulé d'erreur d'attribution et d'erreur de reconnaissance vocale y était trop élevé pour une page dont l'argument est l'auditabilité. Journalisé le 28 août 2026.

Le cadre du débat

Premier débat de la campagne présidentielle de 2027, réunissant les sept principaux candidats déclarés. Placement et ordre de parole déterminés par tirage au sort. Le débat s'appuie sur une consultation de 66 000 dirigeants et sur les questions directes de cinq entrepreneurs, sur cinq thèmes : dette et finances publiques, réindustrialisation et foncier, coût du travail et embauche, normes et simplification, fiscalité des entreprises.

Les cinq questions des chefs d'entreprise

Cinq dirigeants, cinq problèmes concrets. Le critère de complétude de la grille mesure précisément si ces questions ont reçu une réponse, ou seulement un discours.

Q1Dette et finances publiques

Éric Malenfer, géomètre-expert

La fin de l'emprunt pour financer le fonctionnement de l'État, et le rétablissement du calendrier de la réforme des retraites de 2023. Deux engagements précis, demandés ensemble.

Q2Réindustrialisation et foncier

Julie Neville, ciment bas-carbone

Les délais d'autorisation d'implantation des usines, deux à trois fois plus longs en France qu'ailleurs en Europe.

Q3Coût du travail et embauche

Vincent Furlan, cabinet de recrutement

L'écart entre le coût employeur et le salaire net : 4 100 € versés pour 2 250 € nets.

Q4Normes et simplification

Colombe Lecouffle, horticulture

L'illisibilité des bulletins de paie et le poids des évolutions réglementaires sur le temps de direction.

Q5Fiscalité des entreprises

Joris Brageon, logistique

Une dizaine de taxes pesant plus de 15 % du chiffre d'affaires, troisième poste de charge de l'exploitation.

Cartographie des prises de parole

Ordre réel d'intervention pour chacune des sept séquences. C'est la trame qui sert de preuve à l'attribution : elle est publiée pour que la vérification puisse être refaite.

SéquenceOrdre des intervenants
Introductions, 2 minRetailleau, Glucksmann, Philippe, Le Pen, Mélenchon, Attal, Tondelier
Q1 Dette, MalenferMélenchon, Philippe, Le Pen, Glucksmann, Attal, Tondelier, Retailleau
Q2 Réindustrialisation, NevilleLe Pen, Mélenchon, Philippe, Glucksmann, Attal, Tondelier, Retailleau
Q3 Coût du travail, FurlanAttal, Mélenchon, Philippe, Glucksmann, Retailleau, Tondelier, Le Pen
Q4 Normes, LecouffleTondelier, Attal, Mélenchon, Retailleau, Le Pen, Philippe, Glucksmann
Q5 Fiscalité, BrageonPhilippe, Mélenchon, Retailleau, Le Pen, Glucksmann, Tondelier, Attal
Conclusions, 1 minGlucksmann, Tondelier, Attal, Mélenchon, Le Pen, Philippe, Retailleau

Tableau large : faites défiler horizontalement.

La grille de notation, publiée avant les notes

La même méthode que pour les six programmes produits par IA, sans adaptation : deux colonnes notées, jamais fusionnées en un total unique, parce qu'un total moyennerait le signal et effacerait exactement ce qui fait l'intérêt du dispositif, la divergence entre colonnes. S'y ajoutent, à la demande de l'éditeur, deux notes sur vingt qui répondent à deux questions précises.

AFaisabilité institutionnellesur 25

Ce qu'il resterait du projet en 2032

A1CodabilitéDate, montant, périmètre présents ?
A2Traçabilité du levierLe propos nomme-t-il l'instrument juridique, ou seulement le résultat ?
A3Véhicule institutionnelLoi de finances, loi ordinaire, loi organique, révision, référendum, traité ?
A4Dépendance externeQuelle part échappe à la décision du président français ?
A5RéversibilitéCoût de sortie chiffré, irréversibilités nommées ?

BQualité de raisonnementsur 30

Comment le candidat a raisonné pour construire sa réponse

B1Cohérence comptable interneL'arithmétique boucle, les mesures se réconcilient ?
B2Calibration épistémiqueLa confiance affichée est-elle alignée sur la faisabilité mesurée ?
B3Traitement de l'incertitudeLe risque est-il éprouvé, le doute est-il assumé ?
B4Traçabilité des données d'entréeLes chiffres avancés sont-ils sourcés, ou affirmés ?
B5ComplétudeLes cinq questions des entrepreneurs reçoivent-elles une réponse ?
B6Robustesse à l'exécution partielleQue produit le projet si seule une partie s'exécute ?
Règle de lecture. On somme à l'intérieur d'une colonne, jamais entre colonnes. Un candidat précis et peu faisable, un candidat faisable mais mal calibré, un candidat cohérent mais incomplet : ce sont ces écarts qui font le contenu, pas un classement général. Les deux notes sur vingt ne s'additionnent pas davantage : elles répondent à deux questions qui n'ont pas la même nature.

Les deux notes sur vingt demandées en plus de la grille

Note budgétaire, sur 20auditable

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

  • 6 points : une cible chiffrée et datée est donnée pendant le débat.
  • 6 points : le financement des mesures annoncées est nommé et l'arithmétique se réconcilie.
  • 4 points : le résultat tient sous exécution partielle, selon la règle de réalisation asymétrique du site.
  • 4 points : la dette elle-même est traitée, et pas seulement le déficit annuel.

Note d'appréciation générale, sur 20opinion

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

Ce que vaut cette note. Cette note est une opinion, et elle est la seule de cette page. Elle sort délibérément du cadre des deux colonnes précédentes : la méthode de notation du site exclut explicitement la désirabilité politique, au motif qu'elle transformerait un instrument auditable en tribune. Elle est publiée ici à la demande de l'éditeur, isolée, signée, et adossée à cinq critères déclarés notés chacun sur quatre points, pour qu'on puisse la contester sur son application plutôt que sur son existence. Un lecteur peut la rejeter entièrement sans que rien du reste de la page n'en soit affecté. Elle n'engage ni le MEDEF, ni LCI, ni aucun des candidats.

Cinq critères, quatre points chacun.

  • Le projet répond-il à un problème du pays effectivement documenté pendant le débat ?
  • Le remède est-il proportionné au diagnostic posé, ni en deçà ni au-delà ?
  • Les effets de second ordre sont-ils vus : ce que le projet fragilise, ce qu'il rend dépendant, ce qu'il rend difficile à récupérer ?
  • Le projet est-il compatible avec le cadre juridique et européen dans lequel les entreprises françaises opèrent aujourd'hui ?
  • Laisse-t-il au mandat suivant une situation gouvernable ?

Ce que chacun a défendu, et ce qu’il en resterait

29 blocs thématiques restitués, 77 critères notés. Chaque note s’appuie sur un élément identifiable du dossier ; une note sans appui serait une note à refaire.

Bruno Retailleau

Changement de système, travail et déréglementation

16/ 25Faisabilité
16/ 30Raisonnement
10/ 20Budget
11/ 20Appréciation

Fil directeur Refus du social-étatisme, dénonciation d'un État captant plus de 57 % de la richesse produite et traitant les chefs d'entreprise en suspects. Il pose une rupture de système, pas des rustines.

Ce qu'il a défendu, thème par thème

Finances et fonction publique

Équilibre en cinq ans. Réduction de 250 000 à 300 000 postes de fonctionnaires, statut réservé au régalien et contrat pour le reste, suppression d'opérateurs et d'agences avec réexamen tous les trois ans de leur raison d'être.

Retraites

Il lie explicitement dette et retraites, un quart de la dépense publique. Âge légal assumé pour éviter la machine à fabriquer des retraités pauvres, équation proportionnelle liant âge de départ et espérance de vie (dispositif Fillon jamais activé), étage de capitalisation populaire présenté comme vecteur de fonds d'investissement français face aux fonds de pension américains.

Travail

Allègement des charges dès la première heure sur la part non contributive, puis seuil à partir de la 36e heure à zéro cotisation salariale et patronale, soit 35 % de coût du travail en moins sur ces heures et jusqu'à 3 500 € nets par an au salaire médian, avec identité brut égale net. En contrepartie, plafonnement à 70 % du total des prestations sociales.

Fiscalité

Surfiscalisation chiffrée à 110 milliards d'écart, dont il retranche 40 milliards d'aides réelles, pour arriver à 40 milliards de baisse de charges et d'impôts de production dès les premiers mois (C3S, CVAE, CFE sur l'outil de production, forfait social), gelés sur cinq ans. Transmission en ligne directe sans impôt tant qu'on ne vend pas, pacte Dutreil intouchable, don familial relevé à 150 000 €, prise en charge des taux d'intérêt d'emprunt immobilier par enfant à 50, 75 puis 100 %.

Normes et énergie

Suppression d'une centaine de normes par ordonnance, interdiction de la surtransposition par loi organique, abrogation du principe de précaution dans la Constitution. Priorité au nucléaire, arrêt des subventions aux renouvelables jugées matures, suppression de la programmation pluriannuelle de l'énergie.

Colonne A · faisabilité institutionnelle, 16 sur 25, critère par critère
A1Codabilité4/5

40 milliards dès les premiers mois gelés sur cinq ans, zéro cotisation à partir de la 36e heure, 35 % de coût en moins, 3 500 € nets, 250 à 300 000 postes, 150 000 € de donation.

Le projet le plus chiffré du plateau avec celui de Gabriel Attal. Montants, seuils, périmètres et bornes temporelles sur presque chaque ligne. Une exception, et elle porte sur l'engagement le plus lourd : l'équilibre en cinq ans n'est adossé à aucune trajectoire année par année, alors qu'il s'accompagne de 40 milliards de recettes en moins.

A2Traçabilité du levier5/5

Suppression de normes par ordonnance, interdiction de surtransposer par loi organique, abrogation du principe de précaution dans la Constitution.

Seul des sept à nommer systématiquement le véhicule juridique de chaque mesure, jusqu'à distinguer l'ordonnance, la loi organique et la révision constitutionnelle. C'est la meilleure traçabilité de levier du débat, et c'est elle qui rend son projet à la fois le plus vérifiable et le moins faisable.

A3Véhicule institutionnel1/5

Révision constitutionnelle sur le principe de précaution, fin du statut pour l'essentiel de la fonction publique, sortie des 35 heures.

Trois chantiers dont chacun a historiquement consommé un mandat entier, engagés simultanément. Aucun exécutif de la Ve République n'a mené le troisième. C'est la note de véhicule institutionnel la plus basse des sept.

A4Dépendance externe4/5

Interdiction de la surtransposition, priorité au nucléaire, suppression de la PPE, fiscalité nationale.

Presque tout relève de la décision nationale. L'interdiction de surtransposer réduit même la dépendance externe au lieu de l'augmenter : elle consiste à s'aligner sur la norme minimale européenne, pas à la renégocier.

A5Réversibilité2/5

Gel fiscal de cinq ans présenté comme une stabilité absolue, capitalisation populaire, suppression du statut.

Le gel quinquennal est un engagement de stabilité, pas un coût de sortie. Le projet mêle des mesures instantanément réversibles, une exonération de charges se rétablit en loi de finances, et des mesures qui ne se reconstituent pas : un statut supprimé, un étage de capitalisation dont les droits sont ouverts, une révision constitutionnelle. Aucune de ces asymétries n'est signalée.

Colonne B · qualité de raisonnement, 16 sur 30, critère par critère
B1Cohérence comptable interne4/5

110 milliards d'écart de surfiscalisation, moins 40 milliards d'aides réelles, d'où 40 milliards de baisse et pas davantage.

Le seul candidat à exposer son arithmétique en public et à s'imposer une contrainte à partir d'elle : il calcule un écart, en retranche ce qu'il ne veut pas toucher, et se limite lui-même. Ce qui ne boucle pas reste l'équilibre en cinq ans, jamais relié à ce calcul.

B2Calibration épistémique2/5

Stabilité fiscale et réglementaire annoncée comme absolue sur cinq ans, révision constitutionnelle présentée comme acquise.

L'assurance est maximale sur la partie la moins faisable. Une stabilité absolue sur cinq ans est une promesse que la série 1958-2027 ne permet à aucun exécutif : les lois de programmation militaire, des finances publiques et de la recherche ont toutes été révisées avant leur terme.

B3Traitement de l'incertitude2/5

Diagnostic de faillite posé sans scénario alternatif.

Le diagnostic est net, le risque n'est jamais éprouvé. Aucune hypothèse de conjoncture défavorable, aucune sensibilité, aucun scénario dans lequel les économies annoncées ne se réalisent pas.

B4Traçabilité des données d'entrée3/5

Contestation méthodologique du chiffre de 210 milliards d'aides aux entreprises, distinction entre allègements de charges et aides véritables.

Sources nommées et discutées, ce qui vaut mieux que citées : il attaque la construction d'un chiffre plutôt que le chiffre. En revanche l'écart de surfiscalisation de 110 milliards, qui fonde tout son calcul, est affirmé sans origine.

B5Complétude4/5

Équilibre en cinq ans et âge légal assumé pour Malenfer, 36e heure pour Furlan, ordonnances pour Lecouffle, C3S, CVAE et CFE pour Brageon.

Il traite les cinq thèmes et répond à quatre des cinq questions par un dispositif nommé. Ce qui manque n'est pas la réponse, c'est le chemin : il donne un point d'arrivée sans trajectoire.

B6Robustesse à l'exécution partielle1/5

40 milliards de baisse dès les premiers mois contre des économies de masse salariale publique étalées.

Déséquilibre de construction, et c'est le plus net du débat. Quarante milliards de baisses immédiates votées en loi de finances dès la première année, contre des économies de masse salariale qui produisent leur effet sur une décennie. Sous la règle de réalisation asymétrique, les baisses se font et les économies ne se font pas : le solde se dégrade avant la première promesse manquée.

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

10/ 20auditable

Cible datée4/6
Financement3/6
Robustesse1/4
Dette traitée2/4

Une cible datée existe, cinq ans, et l'arithmétique de la baisse de prélèvements est exposée publiquement, ce qui est rare. Mais la trajectoire qui relie 40 milliards de recettes en moins à l'équilibre n'est jamais construite, et le calendrier joue contre l'objectif : baisses immédiates, économies différées. La dette est traitée par la stabilisation, pas par la réduction.

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

11/ 20opinion

Problème réel4/4
Proportion2/4
Second ordre2/4
Cadre juridique1/4
Gouvernabilité2/4

Le diagnostic de compétitivité est étayé et la mesure sur les heures supplémentaires répond très précisément à la question de Vincent Furlan, ce qu'aucun autre ne fait avec ce degré de précision. Mais le remède est surcalibré : un exécutif qui disposerait de tous les leviers en même temps, et la France de 2027 n'en promet aucun. Le plafonnement des prestations à 70 % reporte une charge sur des bénéficiaires jamais nommés, et l'abrogation du principe de précaution se heurte à sa présence dans le droit européen, pas seulement dans la Constitution française.

Note d'opinion. Un lecteur qui donne plus de poids à la baisse du coût du travail qu'aux effets de report peut légitimement la relever de plusieurs points. Les cinq critères déclarés.

Point de tension C'est le projet le plus précis et le moins exécutable du débat, et les deux tiennent à la même cause : il nomme ses véhicules juridiques, donc on voit exactement ce qu'il faudrait obtenir pour le tenir.

Raphaël Glucksmann

Souveraineté européenne, réindustrialisation écologique et méritocratie

9/ 25Faisabilité
17/ 30Raisonnement
7/ 20Budget
14/ 20Appréciation

Fil directeur Refuser à la France un destin de parc d'attraction pour capitaux étrangers, substituer une société de producteurs à une société d'héritiers. Contrat patriotique sur cinq ans en trois axes : révolution écologique comme révolution industrielle du XXIe siècle, société de travailleurs, révolution technologique.

Ce qu'il a défendu, thème par thème

Souveraineté et Chine

Le danger central est la Chine, subventions, travail forcé, dumping ciblé filière par filière, pas la concurrence intra-européenne. Buy European Act réservant les 2 000 milliards de commande publique européenne aux productions locales, mesures miroirs, bannissement des produits du travail forcé, projet Manhattan européen sur l'intelligence artificielle. Image récurrente : l'Europe menacée de devenir l'Empire ottoman du XXIe siècle.

Travail et fiscalité

Baisse de la CSG sur les salaires, financée par la taxation des méga-héritages au-dessus de 50 M€, modèle allemand cité, mesure qui épargnerait selon lui 99 % des héritages. Dénonciation de l'héritocratie, deux tiers du patrimoine désormais issus de l'héritage, pacte Dutreil conditionné pour empêcher l'optimisation sans pénaliser PME et ETI.

Pacte social

Nouveau pacte social inspiré de la codétermination allemande, santé et santé mentale au travail.

Retraites et budget

Abrogation de la réforme 2023 jugée injuste, réforme fondée sur la pénibilité et l'espérance de vie en bonne santé. Sur le budget, il conteste le diagnostic plutôt que d'opposer une trajectoire, et annonce une fiscalité stable sans casser le modèle social.

Colonne A · faisabilité institutionnelle, 9 sur 25, critère par critère
A1Codabilité2/5

Méga-héritages au-dessus de 50 M€, 2 000 milliards de commande publique, 99 % des héritages épargnés, contrat sur cinq ans.

Les chiffres présents sont des chiffres de diagnostic ou de périmètre, pas de dispositif. Aucun taux de CSG, aucun rendement attendu de la taxe sur les héritages, aucun âge de départ. On sait ce qu'il vise, pas ce qu'il ferait signer.

A2Traçabilité du levier2/5

Buy European Act, mesures miroirs, conditionnement du pacte Dutreil.

Les instruments européens sont nommés par leur nom d'usage, ce qui est déjà une traçabilité. Les instruments nationaux ne le sont pas : la baisse de CSG et la taxation des héritages passent par une loi de finances qu'il ne mentionne jamais.

A3Véhicule institutionnel2/5

Buy European Act réservant la commande publique européenne, mesures miroirs, bannissement du travail forcé.

Le pilier fiscal national tient dans une loi de finances. Mais la mesure qui porte tout le projet industriel suppose un acte législatif européen, donc un accord à vingt-sept et une renégociation des engagements de marchés publics. Le président français y a une voix, pas une décision.

A4Dépendance externe1/5

Aller taper du poing à Bruxelles, Buy European Act, projet Manhattan européen.

La dépendance externe la plus élevée du plateau avec celle de Jean-Luc Mélenchon. L'essentiel de ce qui distingue son projet des autres se décide ailleurs qu'à Paris, et il le dit lui-même en désignant Bruxelles comme le lieu de l'action.

A5Réversibilité2/5

Conditionnement du pacte Dutreil plutôt que suppression, trajectoire fiscale stable annoncée.

Conditionner plutôt que supprimer laisse une porte ouverte, c'est une réversibilité de fait. Elle n'est jamais présentée comme telle, et aucun coût de sortie n'est chiffré, pas plus que chez les six autres.

Colonne B · qualité de raisonnement, 17 sur 30, critère par critère
B1Cohérence comptable interne3/5

Baisse de la CSG financée par la taxation des méga-héritages au-dessus de 50 M€.

Le gage est explicite et c'est un point rare : il ne propose pas une baisse sans dire d'où vient l'argent. Mais aucune des deux jambes n'est chiffrée, donc rien ne permet de savoir si l'assiette couvre la dépense. Un gage nommé n'est pas un gage bouclé.

B2Calibration épistémique3/5

Nécessité d'aller taper du poing à Bruxelles pour obtenir le Buy European Act.

Il ne prétend pas que la mesure est acquise, il décrit un rapport de force à créer. C'est une calibration honnête du chemin. Elle reste optimiste sur l'issue : rien n'indique ce qu'il ferait si l'Europe refuse.

B3Traitement de l'incertitude3/5

Modèle allemand invoqué comme précédent sur la fiscalité successorale.

Adosser une mesure contestée à un pays où elle existe déjà est un test de plausibilité, pas seulement une référence rhétorique. Au-delà, aucune branche défavorable n'est explorée.

B4Traçabilité des données d'entrée3/5

Deux tiers du patrimoine issus de l'héritage, 2 000 milliards de commande publique européenne, modèle allemand.

Les ordres de grandeur sont plausibles et le précédent allemand est nommé. Les chiffres eux-mêmes ne sont jamais référencés, et celui des 99 % d'héritages épargnés est le plus décisif de son argumentation.

B5Complétude2/5

Réponse à Furlan par la baisse de CSG, réponse partielle à Neville par le Buy European Act, rien de précis sur les bulletins de paie de Lecouffle.

Sur la question de la dette, il conteste l'imputation plutôt qu'il ne répond, et sur les normes il n'a pas de dispositif. Deux des cinq questions restent sans réponse identifiable, la complétude la plus basse du plateau avec celle de Marine Le Pen sur un autre versant.

B6Robustesse à l'exécution partielle3/5

Volet fiscal national séparable du volet européen.

Structure à deux étages qui se comporte bien sous exécution partielle : si le Buy European Act ne passe pas, il reste une baisse de CSG financée par une taxe nationale, et le solde ne se dégrade pas. Ce qui disparaît alors, c'est le projet industriel, c'est-à-dire ce qui distinguait le programme.

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

7/ 20auditable

Cible datée1/6
Financement3/6
Robustesse2/4
Dette traitée1/4

Aucune cible budgétaire chiffrée ni datée : il conteste l'imputation du déficit plutôt que d'opposer une trajectoire. Le gage CSG contre méga-héritages est nommé mais aucune de ses deux jambes n'est chiffrée. Le dispositif tient sous exécution partielle, ce qui lui vaut ses seuls points solides, mais la dette elle-même n'est jamais traitée.

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

14/ 20opinion

Problème réel4/4
Proportion2/4
Second ordre3/4
Cadre juridique2/4
Gouvernabilité3/4

Le diagnostic sur le dumping chinois et sur la part croissante de l'héritage dans le patrimoine porte sur des problèmes réels et documentés dans le débat. La proportion est le point faible : financer une baisse générale de CSG par une assiette qui ne concerne que les héritages au-dessus de 50 millions suppose un rendement que rien n'établit. Il voit en revanche correctement un effet de second ordre que d'autres ignorent, l'optimisation du pacte Dutreil, et choisit de conditionner plutôt que de supprimer.

Note d'opinion. Un lecteur qui juge le Buy European Act hors d'atteinte peut abaisser cette note sans contester la colonne A, qui le sanctionne déjà. Les cinq critères déclarés.

Point de tension C'est le projet dont la qualité de raisonnement dépasse le plus nettement la faisabilité, 17 sur 30 contre 9 sur 25 : bien construit, mais dont l'exécution ne dépend pas de celui qui le porte.

Édouard Philippe

Comptes en ordre, politique de l'offre et stabilité

14/ 25Faisabilité
23/ 30Raisonnement
13/ 20Budget
16/ 20Appréciation

Fil directeur Réarmement productif par la vérité des comptes, sauvegarde de la classe moyenne par le travail et l'esprit de conquête. Il attaque frontalement l'annulation de dette, avec le risque d'interdit bancaire et le parallèle grec puis argentin.

Ce qu'il a défendu, thème par thème

Finances

Règle d'or budgétaire dans la Constitution, éventuellement par référendum, pour contraindre le Parlement à l'équilibre. La dépense sociale, plus élevée que chez les voisins, trois points de PIB de plus que l'Allemagne sur les seules retraites, est la cible : d'où la nécessité de travailler plus longtemps, sans tailler dans les pensions.

Coût du travail

Sujet à la fois économique et démocratique. Le coût est surtout excessif à 2 ou 2,5 SMIC, sur les emplois qualifiés industriels. Il développe l'argument du salaire médian qui mettait quinze ans à doubler dans les années 50 et plusieurs vies de travail aujourd'hui, avec le risque d'accident démocratique quand la classe moyenne populaire décroche. Solution : élargir la base de financement de la protection sociale pour ne plus la faire reposer sur le seul travail, en contenant d'abord la dépense. Méfiance affichée envers la TVA sociale, pourtant poussée par son hôte.

Pacte productif et fiscalité

Double effacement : 50 milliards d'impôts de production supprimés, gagés sur 50 milliards d'aides aux entreprises supprimées. Fin de la surtaxe des grandes entreprises, pacte Dutreil sanctuarisé.

Normes et Europe

Moratoire normatif, interdiction de surtransposer, mission confiée à Christelle Morançais. Il explique la complexité de la fiche de paie par celle du système lui-même, et cite l'URSSAF et la CAF non connectées. En Europe : logique de puissance, achèvement du marché commun et union des marchés de capitaux, obligation pour les entreprises chinoises de produire en zone euro pour y vendre, fermeté sur les petits colis.

Colonne A · faisabilité institutionnelle, 14 sur 25, critère par critère
A1Codabilité3/5

50 milliards d'impôts de production supprimés, gagés sur 50 milliards d'aides aux entreprises.

Un dispositif parfaitement codable, montant et financement dans la même phrase, et c'est le seul du débat dans ce cas. Tout le reste relève de l'orientation : travailler plus longtemps sans âge ni calendrier, élargir la base sans assiette nommée, contenir la dépense sans cible.

A2Traçabilité du levier3/5

Double effacement en loi de finances, règle d'or dont le véhicule, référendum ou révision, n'est pas tranché.

Le pacte fiscal passe clairement par la loi de finances. En revanche la règle d'or reste indéterminée dans sa forme, alors qu'elle est l'instrument censé produire l'équilibre. Un dispositif constitutionnel dont on ne nomme pas le véhicule n'est pas un engagement vérifiable.

A3Véhicule institutionnel3/5

Double effacement en loi de finances ordinaire, règle d'or par révision, union des marchés de capitaux à vingt-sept.

Le cœur du projet tient dans une loi de finances ordinaire, ce qui est la meilleure structure de capacité du plateau. Deux mesures d'affichage la dégradent : la règle d'or suppose une révision, l'union des marchés de capitaux un accord engagé depuis 2015 sans aboutir.

A4Dépendance externe2/5

Obligation faite aux entreprises chinoises de produire en zone euro, fermeté sur les petits colis, union des marchés de capitaux.

Trois mesures structurantes supposent une décision qui n'appartient pas au président français, et sur les petits colis il énonce lui-même que la mesure ne fonctionne qu'à l'échelon européen. Le noyau fiscal, lui, est national.

A5Réversibilité3/5

50 milliards d'impôts de production en moins mais 50 milliards d'aides en moins, parce qu'il est facile de promettre ce qu'on ne sait pas financer.

Le gage explicite crée une réversibilité symétrique : le successeur qui rétablit les aides doit assumer de rétablir les impôts. Aucun autre projet du débat ne porte son propre mécanisme d'annulation. Il manque, comme chez les six autres, tout chiffrage de coût de sortie.

Colonne B · qualité de raisonnement, 23 sur 30, critère par critère
B1Cohérence comptable interne4/5

Moins 50 milliards d'impôts de production, moins 50 milliards d'aides aux entreprises.

Le dispositif central boucle par construction, et c'est le seul du débat qui le fasse. La limite est ailleurs : un gage à somme nulle ne réduit pas le déficit, il change la composition de la dépense publique, et le candidat ne le dit pas.

B2Calibration épistémique5/5

Refus explicite de donner un âge de départ malgré les relances, préférence assumée pour une règle imparfaite mais stable.

La meilleure calibration du plateau. Il refuse de donner un chiffre qu'il ne tiendrait pas plutôt que de l'annoncer, préfère une règle imparfaite et stable à une règle idéale, et se méfie publiquement de la TVA sociale que son hôte défend. Prudence qui lui coûte en codabilité et lui rapporte ici.

B3Traitement de l'incertitude3/5

Parallèle avec la Grèce d'avant-crise puis l'Argentine, risque d'interdit bancaire opposé à l'annulation de dette.

Il oppose une analogie historique précise au sentiment d'exception française, et distingue deux branches de risque, le choc brutal et le lent étranglement. Le traitement porte sur le diagnostic et sur les projets des autres, jamais sur l'exécution du sien.

B4Traçabilité des données d'entrée3/5

Trois points de PIB d'écart avec l'Allemagne sur les retraites, salaire médian doublé en quinze ans dans les années 50 contre plusieurs vies aujourd'hui.

La statistique la plus frappante du débat, avancée sans source, comme l'écart avec l'Allemagne. Les ordres de grandeur sont plausibles, l'origine n'est jamais donnée.

B5Complétude3/5

Réponse précise à Lecouffle sur l'URSSAF et la CAF, réponse chiffrée à Brageon sur les impôts de production, aucune date ni aucun âge pour Malenfer.

Il traite bien trois des cinq questions. Il manque celle qui structurait la soirée : ni date pour la fin de l'emprunt de fonctionnement, ni âge de départ, et son unique dispositif chiffré est neutre pour le solde. Le sujet le plus contraignant est celui qui reste dans l'ombre.

B6Robustesse à l'exécution partielle5/5

Les deux jambes du gage relèvent du même véhicule et du même vote.

La meilleure robustesse du débat, et elle est mécanique. Si l'exécution est partielle, elle est partielle des deux côtés, et le solde ne se dégrade pas. C'est exactement la structure que la règle de réalisation asymétrique ne peut pas casser.

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

13/ 20auditable

Cible datée1/6
Financement6/6
Robustesse4/4
Dette traitée2/4

Le dispositif est le seul du débat dont le financement soit nommé, bouclé et robuste à une exécution partielle : il obtient le maximum sur ces deux points. Mais il ne réduit pas le déficit d'un euro, il déplace 50 milliards d'un poste à l'autre. Aucune date n'est donnée, aucun âge n'est avancé, et la règle d'or, qui serait l'outil de la réduction, reste sans véhicule tranché. Note élevée par la méthode, basse par le résultat.

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

16/ 20opinion

Problème réel4/4
Proportion2/4
Second ordre4/4
Cadre juridique3/4
Gouvernabilité3/4

Le diagnostic sur le décrochage de la classe moyenne populaire et sur l'assiette des impôts de production est le mieux étayé du plateau, et il est le seul à voir que derrière chaque norme il y a une demande, un accident ou un intérêt organisé : c'est un raisonnement de second ordre, pas une dénonciation. Le point faible est la proportion inverse de celle des autres : il pose un problème de dette et propose un dispositif neutre pour le solde.

Note d'opinion. Un lecteur qui considère qu'un projet doit d'abord réduire le déficit peut abaisser cette note de plusieurs points sans contester la colonne B, qui le place en tête. Les cinq critères déclarés.

Point de tension Il obtient la meilleure note de raisonnement du plateau, 23 sur 30, pour le projet le moins ambitieux sur le solde. Bien raisonner et beaucoup obtenir sont deux choses différentes, et c'est lui qui le démontre.

Marine Le Pen

Identité économique, économies d'État et choc fiscal

13/ 25Faisabilité
15/ 30Raisonnement
8/ 20Budget
10/ 20Appréciation

Fil directeur Union des salariés et des entrepreneurs, identité économique de la France, alliance nationale contre un libre-échange présenté comme destructeur.

Ce qu'il a défendu, thème par thème

Finances

Inquiétude affirmée sur la dette, remboursement assumé, règle d'or dans la Constitution. Trajectoire de 125 milliards d'économies visant le train de vie de l'État, les 1 200 agences, la contribution nette à l'Union européenne ramenée sous 5 milliards et les coûts de l'immigration.

Retraites

Logique de taux d'emploi plutôt que logique comptable. Retraite à 60 ans avec 40 annuités pour ceux ayant commencé avant 20 ans, progressivité jusqu'à 62 ans et 42 annuités, priorité au taux d'emploi des jeunes, exonération totale de cotisations retraite et chômage pour maintenir les seniors en emploi. Coût assumé de 9 milliards, présenté comme un choix de société.

Réindustrialisation et foncier

Constat que 90 % des intercommunalités seront sans foncier disponible sous quatre ans. Toute implantation industrielle qualifiée projet d'intérêt national majeur pour réduire normes et délais, mobilisation de 150 000 hectares de friches, comités de filière chargés de lister les normes à supprimer par ordonnances, commande publique de 200 milliards fléchée par critère de territorialité.

Travail, énergie et fiscalité

Les exonérations existantes, 77 milliards contre 21 en 2014, sont maintenues, mais elle refuse d'aller au-delà dans la situation budgétaire. L'action porte sur les dépenses contraintes, notamment l'énergie : TVA ramenée de 20 à 5,5 % sur toute l'énergie et retour à un prix de production français de l'électricité. Opposée à la TVA sociale, perdante selon elle pour les retraités, les chômeurs et les jeunes. Suppression de C3S, CVAE et CFE, IS progressif pour les TPE, pacte Dutreil conditionné à dix ans de production en France, suppression de 130 à 140 impôts improductifs, suramortissement pour la robotisation et la numérisation.

Colonne A · faisabilité institutionnelle, 13 sur 25, critère par critère
A1Codabilité4/5

125 milliards d'économies, contribution UE sous 5 milliards, 9 milliards de coût retraites, 150 000 hectares de friches, 200 milliards de commande publique, TVA énergie à 5,5 %.

Densité de chiffres élevée, et elle est la seule à chiffrer le coût de sa propre mesure la plus généreuse. Ce qui manque est le calendrier : aucune de ces cibles n'est datée.

A2Traçabilité du levier3/5

Règle d'or dans la Constitution, ordonnances issues des comités de filière, suppressions d'impôts en loi de finances.

Les instruments sont nommés là où ils sont nationaux. Ils disparaissent exactement là où ils seraient les plus nécessaires : ni la réduction de la contribution européenne ni le retour à un prix de production français de l'électricité ne s'accompagnent d'un véhicule.

A3Véhicule institutionnel2/5

Règle d'or par révision, contribution nette plafonnée, prix de production français de l'électricité.

Le noyau fiscal passe en loi de finances. Mais la règle d'or suppose une révision, la contribution nette une négociation du cadre financier pluriannuel à l'unanimité, et le prix de production français une sortie du mécanisme européen de formation des prix.

A4Dépendance externe2/5

Contribution nette ramenée sous 5 milliards, prix de production français, commande publique fléchée par territorialité.

Trois mesures structurantes hors de la main française, et la troisième heurte frontalement le droit européen des marchés publics, qui interdit le critère de territorialité. Ce n'est pas seulement une dépendance, c'est un contentieux annoncé.

A5Réversibilité2/5

Sortie du fonctionnement européen du marché de l'électricité, conditionnement du pacte Dutreil à dix ans de production.

Le conditionnement du Dutreil est réversible en loi de finances. La sortie du mécanisme européen de l'électricité ne l'est pas au même coût, et cette asymétrie n'est jamais nommée. Aucun coût de sortie chiffré, comme chez les six autres.

Colonne B · qualité de raisonnement, 15 sur 30, critère par critère
B1Cohérence comptable interne2/5

125 milliards d'économies annoncées, postes nommés mais jamais additionnés, 9 milliards de dépense retraites assumés en face.

Les postes d'économies sont identifiés, ce qui vaut mieux qu'un total nu, mais leur addition n'est jamais faite en public et ne s'approche pas de 125 milliards avec ce qui est donné. En face, une dépense nouvelle chiffrée et des suppressions d'impôts non gagées.

B2Calibration épistémique3/5

Refus d'aller au-delà des 77 milliards d'exonérations existantes compte tenu de la situation budgétaire.

Une auto-limitation explicite, énoncée devant un auditoire qui demandait l'inverse. C'est une calibration réelle. Elle contraste avec l'assurance affichée sur les 125 milliards, jamais construits.

B3Traitement de l'incertitude2/5

Coût de 9 milliards de la mesure retraites assumé comme un choix.

Assumer un coût est une forme de traitement du risque, et peu le font. Au-delà, aucune branche alternative n'est explorée, en particulier si la négociation européenne sur la contribution nette échoue.

B4Traçabilité des données d'entrée3/5

77 milliards d'exonérations contre 21 en 2014, 90 % des intercommunalités sans foncier sous quatre ans, 1 200 agences.

Chiffres précis, souvent comparatifs, ce qui les rend vérifiables dans leur principe. L'origine n'est jamais donnée, y compris pour le chiffre du foncier qui fonde toute sa réponse à Julie Neville.

B5Complétude4/5

Projet d'intérêt national majeur et friches pour Neville, suppression de C3S, CVAE et CFE pour Brageon, comités de filière pour Lecouffle, refus argumenté pour Furlan.

Elle donne à Julie Neville la réponse la plus opérationnelle du plateau sur les délais d'implantation, et répond à Vincent Furlan par un refus motivé, ce qui reste une réponse. Manque une trajectoire pour Éric Malenfer.

B6Robustesse à l'exécution partielle1/5

125 milliards d'économies dépendant de négociations européennes et de la politique migratoire, contre baisses fiscales immédiates et 9 milliards de dépense nouvelle.

Le déséquilibre est le même que chez Bruno Retailleau, aggravé par le fait que la partie économies dépend d'une négociation à vingt-sept. Si seule la partie nationale s'exécute, le solde se dégrade de la totalité des baisses annoncées.

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

8/ 20auditable

Cible datée3/6
Financement2/6
Robustesse1/4
Dette traitée2/4

Un montant d'économies est avancé, 125 milliards, mais sans date ni trajectoire, et son addition n'est jamais faite. En face, des suppressions d'impôts immédiates et 9 milliards de dépense nouvelle assumés. Sous exécution partielle, la partie qui se réalise est celle qui coûte. La dette est traitée dans le discours, par la règle d'or, sans instrument qui la réduise.

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

10/ 20opinion

Problème réel4/4
Proportion2/4
Second ordre1/4
Cadre juridique1/4
Gouvernabilité2/4

La question du foncier industriel est le problème le mieux posé de sa séquence, documenté par la question de Julie Neville, et sa réponse est la plus directement applicable du plateau. Le reste est déséquilibré : une dépense retraites de 9 milliards pendant qu'on cherche 125, une sortie du mécanisme européen de l'électricité dont les effets sur l'interconnexion ne sont jamais examinés, et un critère de territorialité dans la commande publique que le droit de l'Union interdit.

Note d'opinion. Un lecteur qui considère la renégociation européenne comme un objectif légitime en soi jugera les critères 4 et 5 mal appliqués ici. Les cinq critères déclarés.

Point de tension Sa meilleure réponse et sa plus grande faiblesse portent sur le même terrain : elle est la plus opérationnelle sur ce que l'État français décide seul, et la plus dépendante sur ce qu'il ne décide pas.

Jean-Luc Mélenchon

Planification écologique, retour de l'État et relance par les salaires

7/ 25Faisabilité
12/ 30Raisonnement
4/ 20Budget
8/ 20Appréciation

Fil directeur Primauté du social et de l'intérêt général, retour de l'État, planification écologique, rupture avec la logique de marché.

Ce qu'il a défendu, thème par thème

Dette et monnaie

La dépense de l'État français est dans la moyenne européenne ; supprimer les aides aux entreprises ferait, selon lui, disparaître le déficit, rapport Fabien Gay à l'appui. Sa proposition d'annulation vise la dette détenue par la BCE, dette à nous-même, dans un cadre européen coordonné qui ferait baisser les taux. Pôle bancaire public pour un crédit fluide. Il dénonce la TVA sociale et le transfert de cotisations sur le budget de l'État.

Salaires et demande

Hausse du SMIC, revalorisation générale, la consommation populaire pesant 55 % du PIB. Sans hausse des salaires, récession.

Retraites

Abrogation de la réforme de 2023, retour à 62 ans puis, le plus vite possible, à 60 ans à taux plein, droits universels, refus de la capitalisation qui exigerait selon lui de cotiser deux fois plus, valorisation du travail civique des retraités.

Réindustrialisation et fiscalité

Planification par objectifs : textile, bois, ferroviaire, avion, spatial, énergies de la mer, mines urbaines, économie circulaire. IS progressif taxant plus les dividendes que le réinvestissement, conditionnement des aides, nationalisation d'ArcelorMittal. Normes défendues pour la santé, coûts du diabète et des particules fines cités, et contre les morts au travail. Sur l'Europe, désobéissance à ce qui contredit les intérêts français.

Colonne A · faisabilité institutionnelle, 7 sur 25, critère par critère
A1Codabilité2/5

Consommation populaire à 55 % du PIB, retour à 62 puis 60 ans.

Deux repères chiffrés seulement, et ce sont des repères de diagnostic ou d'objectif, pas de dispositif. Aucun niveau de SMIC, aucun rendement attendu de la suppression des aides, aucun barème d'IS, aucun montant de nationalisation.

A2Traçabilité du levier2/5

Annulation de la dette détenue par la BCE, nationalisation d'ArcelorMittal, désobéissance européenne.

La nationalisation et la hausse du SMIC ont des instruments identifiables, loi et décret. L'annulation de dette n'en a aucun : il n'existe pas de véhicule juridique par lequel un État de la zone euro annule une dette détenue par la banque centrale.

A3Véhicule institutionnel1/5

Annulation dans un cadre européen coordonné, désobéissance à ce qui contredit les intérêts français.

La mesure qui porte tout le projet suppose de modifier l'article 123 du traité, qui interdit le financement monétaire, donc l'unanimité des vingt-sept. La désobéissance annoncée n'est pas un véhicule : c'est le refus d'en chercher un.

A4Dépendance externe1/5

Cadre européen coordonné pour l'annulation, baisse des taux attendue de cette coordination.

La dépendance externe la plus élevée du plateau. Ce qui distingue son projet de tous les autres est précisément ce qu'un président français ne peut pas décider, et il en fait la condition du reste.

A5Réversibilité1/5

Nationalisation d'ArcelorMittal, retour à 60 ans à taux plein, planification par objectifs.

Aucun coût de rachat évoqué pour la nationalisation, aucune irréversibilité nommée. Un âge de départ abaissé et un actif industriel nationalisé sont deux des engagements les plus difficiles à défaire du plateau, et rien ne le signale.

Colonne B · qualité de raisonnement, 12 sur 30, critère par critère
B1Cohérence comptable interne2/5

Suppression des aides aux entreprises présentée comme suffisante à effacer le déficit, rapport Fabien Gay à l'appui.

Le raisonnement est traçable et adossé à un document nommé, ce qui est rare. Il n'est jamais réconcilié avec ce qu'il annonce par ailleurs : hausse du SMIC, abrogation de la réforme des retraites, planification sectorielle, pôle bancaire public. Une ressource unique finance plusieurs dépenses successives.

B2Calibration épistémique1/5

Annulation obtenue dans un cadre européen coordonné, présentée comme atteignable.

Confiance maximale sur ce qui dépend le moins de lui, la plus mauvaise calibration du plateau. La mesure la plus assurée du programme est celle dont la faisabilité mesurée est la plus basse.

B3Traitement de l'incertitude1/5

Sans hausse des salaires, récession.

Une prédiction sans branche alternative, et rien sur ce qui se passe si la Banque centrale et les vingt-six autres refusent. Aucun scénario défavorable n'est construit.

B4Traçabilité des données d'entrée4/5

Rapport Fabien Gay sur les aides aux entreprises, coûts du diabète et des particules fines, consommation populaire à 55 % du PIB.

C'est le meilleur point du programme et il est contre-intuitif : il nomme ses sources plus souvent que la plupart, et le coût sanitaire des normes est un chiffrage que personne d'autre n'apporte au débat.

B5Complétude3/5

Contestation du diagnostic pour Malenfer, planification par objectifs pour Neville, défense des normes utiles pour Lecouffle, IS progressif pour Brageon.

Il parle tôt dans chaque séquence et traite les cinq thèmes. Deux réponses répondent à côté : sur la dette il conteste le cadre de la question, sur les bulletins de paie il défend la légitimité des normes, ce qui n'était pas ce qu'on lui demandait.

B6Robustesse à l'exécution partielle1/5

Hausse du SMIC, retour à 60 ans et planification, contre une annulation de dette et une suppression des aides qui les financent.

La construction la plus fragile du plateau sous exécution partielle. Les dépenses passent par des décisions nationales immédiates, les ressources par une décision européenne improbable. Le scénario le plus probable est celui où seule la moitié coûteuse se réalise.

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

4/ 20auditable

Cible datée0/6
Financement2/6
Robustesse0/4
Dette traitée2/4

Aucune cible budgétaire chiffrée ni datée. Le financement est nommé et sourcé, ce qui lui vaut ses deux seuls points sur ce critère, mais ne se réconcilie pas avec l'ensemble des dépenses annoncées. Sous exécution partielle, il ne reste que la dépense. La dette est le seul candidat à être traitée frontalement, par un instrument qui n'existe pas.

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

8/ 20opinion

Problème réel3/4
Proportion1/4
Second ordre2/4
Cadre juridique1/4
Gouvernabilité1/4

Le coût sanitaire de la dérégulation est un angle que personne d'autre n'apporte, et il le chiffre. Le refus de la capitalisation est argumenté par un effet de second ordre correctement vu, l'obligation de cotiser deux fois pendant la transition. Mais le remède central est hors de proportion avec le levier disponible, la désobéissance est revendiquée comme méthode plutôt que subie comme risque, et le mandat suivant hériterait d'un conflit ouvert avec la Banque centrale et les traités.

Note d'opinion. Un lecteur qui juge le cadre monétaire européen lui-même illégitime contestera les critères 4 et 5, qui prennent ce cadre comme donné. Les cinq critères déclarés.

Point de tension Il est le mieux sourcé du plateau sur ses données d'entrée et le plus bas sur ses véhicules : il documente correctement un problème pour lui opposer un instrument qui n'existe pas.

Gabriel Attal

Politique de l'offre, changement de système social et innovation

17/ 25Faisabilité
21/ 30Raisonnement
13/ 20Budget
15/ 20Appréciation

Fil directeur Défense d'un bilan pro-entreprise, croissance par l'innovation, lucidité revendiquée sur les réussites comme sur les échecs, dissolution, logement, énergie.

Ce qu'il a défendu, thème par thème

Trajectoire budgétaire

Sous les 3 % de déficit en 2032, équilibre en 2037. Il cite l'INSEE sur une dépense de l'État en baisse en 2024, annulation de 10 milliards de crédits et doublement des franchises médicales, et impute le déficit à la dépense sociale, cible prioritaire des économies : assurance maladie, arrêts de travail, assurance chômage.

Retraites

Sortir des ajustements paramétriques pour un système universel fondé sur la durée de cotisation, avec un pilier de capitalisation. Il était contre la suspension de la réforme de 2023, dont le calendrier reprendrait.

Coût du travail et innovation

Revenir sur les hausses du coût du travail depuis 2024, mesure Barnier ramenée de 4,5 à 1,5 milliard, baisse des charges salariales, défense de la classe moyenne qui travaille. Argument de productivité : un salaire médian à 3 300 € plutôt que 2 200 si la France avait suivi la trajectoire américaine depuis 2000, d'où l'insistance sur l'IA et la robotisation, y compris dans l'administration.

Simplification et fiscalité

Méthode Notre-Dame généralisée, exemption d'études sur friche industrielle détenue par un industriel, principe du silence vaut accord sous deux mois et plafond de 18 mois pour les recours inscrits dans la Constitution, spoils system à la française, remplacement du code du travail par une constitution du travail de 50 pages. Revendication de la baisse de l'IS de 33 à 25 %, de la flat tax et de la suppression de l'ISF. Loi de programmation fiscale sur dix ans, CIR et pacte Dutreil préservés, baisse de la CVAE, relance du logement par un statut du bailleur privé.

Colonne A · faisabilité institutionnelle, 17 sur 25, critère par critère
A1Codabilité5/5

Sous les 3 % en 2032, équilibre en 2037, mesure Barnier de 4,5 à 1,5 milliard, silence vaut accord sous deux mois, recours plafonnés à 18 mois, loi de programmation sur dix ans.

La meilleure codabilité du plateau, et elle tient à une chose que personne d'autre ne fait : il donne deux dates de trajectoire, pas un horizon. Montants, seuils et délais sont présents jusque dans les mesures de procédure.

A2Traçabilité du levier4/5

Loi de programmation fiscale sur dix ans, inscription constitutionnelle du plafond de recours, constitution du travail en remplacement du code.

Il nomme ses véhicules, y compris quand ils sont lourds, et distingue ce qui relève de la loi ordinaire de ce qui relève de la Constitution. Ce qui manque est le chiffrage des économies sociales, annoncées par poste mais jamais par montant.

A3Véhicule institutionnel2/5

Plafond de 18 mois pour les recours inscrit dans la Constitution, code du travail remplacé par un texte de 50 pages, spoils system.

Le volet fiscal passe en loi de finances et la loi de programmation en loi ordinaire. Mais deux mesures structurantes supposent une révision constitutionnelle et une refonte du droit du travail sans précédent sous la Ve République, engagées en même temps.

A4Dépendance externe4/5

Trajectoire budgétaire nationale, économies sociales, procédures d'autorisation, fiscalité.

Presque tout relève de la décision nationale, à égalité avec Bruno Retailleau. C'est la contrepartie d'un projet qui ne cherche pas de levier européen : ce qu'il propose, il peut l'engager seul.

A5Réversibilité2/5

Loi de programmation fiscale sur dix ans, pilier de capitalisation.

La programmation décennale est un engagement de stabilité, pas un coût de sortie, et les précédents montrent que ces lois sont révisées avant leur terme. Le pilier de capitalisation crée des droits qu'un successeur ne peut pas refermer, et cette irréversibilité n'est pas nommée.

Colonne B · qualité de raisonnement, 21 sur 30, critère par critère
B1Cohérence comptable interne3/5

Sous les 3 % en 2032 et équilibre en 2037, économies portées sur l'assurance maladie, les arrêts de travail et l'assurance chômage.

Il est le seul à donner une trajectoire et à nommer les postes qui la financent. L'asymétrie est nette : les baisses sont chiffrées, les économies ne le sont pas. Une trajectoire dont un seul côté porte des montants ne se vérifie pas.

B2Calibration épistémique4/5

Lucidité revendiquée sur la dissolution, le logement et l'énergie.

Reconnaître publiquement trois échecs d'un bilan qu'il défend est une calibration explicite, et personne d'autre ne le fait sur le plateau. Elle reste sélective : elle porte sur le passé, pas sur les hypothèses de sa propre trajectoire.

B3Traitement de l'incertitude3/5

Salaire médian à 3 300 € plutôt que 2 200 si la France avait suivi la trajectoire américaine depuis 2000.

Un contrefactuel explicite, ce qui est une forme de raisonnement sur l'incertitude et non une simple affirmation. Aucun scénario défavorable n'est en revanche appliqué à son propre calendrier 2032-2037.

B4Traçabilité des données d'entrée4/5

INSEE cité sur la dépense de l'État en 2024, annulation de 10 milliards de crédits, mesure Barnier de 4,5 à 1,5 milliard, IS ramené de 33 à 25 %.

Le mieux sourcé du plateau sur les données récentes : une institution nommée, des mesures identifiables par leur intitulé, des chiffres vérifiables. Le contrefactuel américain, lui, est avancé sans origine.

B5Complétude5/5

2032 et 2037 plus reprise du calendrier des retraites pour Malenfer, méthode Notre-Dame et silence vaut accord pour Neville, mesure Barnier pour Furlan, constitution du travail de 50 pages pour Lecouffle, loi de programmation fiscale pour Brageon.

Le seul à répondre aux cinq questions par un dispositif nommé, et le seul à répondre aux deux volets de celle d'Éric Malenfer. Sur ce critère, l'écart avec le reste du plateau est le plus large de la grille.

B6Robustesse à l'exécution partielle2/5

Baisses de charges et de CVAE immédiates contre économies sociales différées et non chiffrées.

Le même déséquilibre que chez Bruno Retailleau : ce qui coûte est voté tôt, ce qui rapporte se constate tard. La trajectoire datée en limite l'effet, parce qu'elle donne un point de contrôle intermédiaire, mais elle ne le corrige pas.

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

13/ 20auditable

Cible datée6/6
Financement3/6
Robustesse1/4
Dette traitée3/4

La seule trajectoire datée du débat, avec deux jalons, ce qui vaut le maximum sur le premier critère. Les postes d'économies sont nommés mais jamais chiffrés, alors que les baisses le sont : l'arithmétique ne se réconcilie qu'à moitié. Sous exécution partielle, le côté qui se réalise est celui qui coûte. La dette n'est traitée que par ricochet, via le retour du déficit sous les 3 %.

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

15/ 20opinion

Problème réel4/4
Proportion2/4
Second ordre2/4
Cadre juridique4/4
Gouvernabilité3/4

Le diagnostic de productivité et de délais d'implantation porte sur des problèmes réels, documentés par les questions des entrepreneurs, et presque toutes ses mesures s'inscrivent sans friction dans le cadre juridique européen, ce qui est le plus haut score du plateau sur ce critère. Deux réserves : remplacer le code du travail par cinquante pages est hors de proportion avec le diagnostic posé, et l'inscription constitutionnelle d'un plafond de recours comme le spoils system touchent à l'équilibre des pouvoirs sans que l'effet soit examiné.

Note d'opinion. Un lecteur qui juge le bilan qu'il défend comme la cause du problème posé peut abaisser fortement le premier critère. Les cinq critères déclarés.

Point de tension Il obtient la meilleure faisabilité du plateau parce que son projet ne dépend presque que de la France, et sa note budgétaire reste à 13 sur 20 pour la raison inverse de celle de ses concurrents : il date tout sauf les économies.

Marine Tondelier

Écologie comme condition, justice sociale et priorité aux PME

15/ 25Faisabilité
17/ 30Raisonnement
5/ 20Budget
16/ 20Appréciation

Fil directeur L'écologie comme condition de la liberté et de la viabilité économique, l'inaction coûtant cinq fois plus cher que l'action. Image du skipper qui ne peut pas décréter que le récif n'existe pas.

Ce qu'il a défendu, thème par thème

Justice sociale

Refus des économies à la cantonade sur l'assurance chômage et le social, dénonciation de la chasse aux bénéficiaires du RSA et de l'assurance chômage ramenée à 12 mois, qui empêche la reconversion vers les métiers d'avenir. Chiffres avancés : 11 millions de pauvres, 1,5 million de travailleurs pauvres, suppression de critères de pénibilité, surmortalité au travail. SMIC porté à 2 000 € brut, meilleur partage de la valeur entre donneurs d'ordre et sous-traitants, 107 milliards de dividendes du CAC 40 cités.

Réindustrialisation et énergie

Défense de l'industrie, ArcelorMittal et souveraineté de l'acier, critères écologiques dans l'attribution des aides, protectionnisme européen avec quotas de matériaux bas-carbone dans la commande publique et mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, prix de l'électricité compétitif et stable, effort de R&D, 1,4 % du PIB privé français contre 2 % en Allemagne et 2,8 % aux États-Unis.

Normes

Distinction nette entre simplification administrative, soutenue, avec le principe que l'État ne demande pas une information qu'il détient déjà, et dérégulation environnementale, refusée.

Fiscalité

Fiscalité jugée injuste pour les PME, taux implicite d'IS de 21 % contre 14 % pour les grandes entreprises. Baisse du taux réduit d'IS pour les PME, prêt à taux zéro pour la décarbonation, guichet unique, recentrage du CIR vers PME et ETI. Pacte Dutreil non supprimé mais réformé, deux tiers des avantages captés par 1 % des bénéficiaires. Elle est le principal contradicteur de Gabriel Attal sur le fonds vert et le leasing social.

Colonne A · faisabilité institutionnelle, 15 sur 25, critère par critère
A1Codabilité3/5

SMIC à 2 000 € brut, assurance chômage à 12 mois contestée, taux implicite d'IS de 21 contre 14 %, R&D privée à 1,4 % du PIB.

Densité de chiffres élevée, mais ce sont des chiffres de diagnostic. Un seul dispositif est chiffré, le SMIC. Le taux réduit d'IS qu'elle veut baisser n'est pas donné, le prêt à taux zéro n'est pas dimensionné.

A2Traçabilité du levier3/5

SMIC par décret, taux réduit d'IS, CIR et pacte Dutreil en loi de finances, guichet unique.

Elle ne nomme pas les instruments, mais ils sont tous identifiables sans ambiguïté, ce qui n'est pas le cas chez la plupart. Le principe que l'État ne redemande pas une information qu'il détient est en revanche une intention, pas un dispositif.

A3Véhicule institutionnel4/5

SMIC par décret, IS réduit, CIR et Dutreil en loi de finances, MACF déjà en vigueur.

La meilleure structure de véhicule du plateau : l'essentiel de son programme s'exécute par décret et par loi de finances, donc dans les six premiers mois d'un mandat. Le protectionnisme européen qu'elle défend s'appuie sur des instruments déjà adoptés plutôt que sur des instruments à créer.

A4Dépendance externe3/5

Quotas de matériaux bas-carbone dans la commande publique européenne, mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.

Le volet européen est réel mais s'inscrit dans un cadre existant, le MACF étant en vigueur, ce qui le distingue d'une mesure à négocier de zéro. Le noyau reste national.

A5Réversibilité2/5

SMIC porté à 2 000 € brut, recentrage du CIR vers PME et ETI.

Le recentrage du CIR se défait en une loi de finances. Un SMIC relevé de cette ampleur ne se défait pas : aucun exécutif ne l'a jamais abaissé. C'est l'irréversibilité la plus lourde de son programme et elle n'est pas nommée.

Colonne B · qualité de raisonnement, 17 sur 30, critère par critère
B1Cohérence comptable interne2/5

SMIC à 2 000 € brut sans chiffrage ni gage, refus simultané des économies sur le social.

Elle chiffre les problèmes et pas les remèdes. Le coût pour les finances publiques d'un SMIC relevé, par les allègements de charges qui s'y indexent, n'est ni évalué ni gagé, alors qu'elle refuse par ailleurs toute économie sur le social.

B2Calibration épistémique3/5

L'inaction coûte cinq fois plus cher que l'action, présentée comme une thèse.

Elle avance sa proposition centrale comme une thèse assumée plutôt que comme un fait établi, et ne surpromet pas sur les délais. La confiance affichée reste cohérente avec la faisabilité de son propre programme, qui est bonne.

B3Traitement de l'incertitude3/5

Image du skipper qui ne peut pas décréter que le récif n'existe pas.

Le risque de long terme est posé comme une contrainte physique et non comme une préférence, ce qui est un traitement réel de l'incertitude. En revanche, aucun examen du risque d'emploi associé à un SMIC à 2 000 €.

B4Traçabilité des données d'entrée4/5

Taux implicite d'IS de 21 % pour les PME contre 14 % pour les grandes entreprises, R&D privée à 1,4 % contre 2 % et 2,8 %, deux tiers des avantages Dutreil captés par 1 % des bénéficiaires.

La densité statistique la plus élevée du plateau avec celle de Gabriel Attal, et sur des indicateurs peu utilisés dans le débat public. Les sources ne sont pas nommées, mais les grandeurs sont de celles qui se vérifient.

B5Complétude3/5

Simplification administrative et guichet unique pour Lecouffle, IS des PME et CIR pour Brageon, refus du cadre de la question pour Malenfer.

Deux réponses très précises, sur les deux questions les plus techniques. Sur la dette, elle déplace la question vers le coût de l'inaction plutôt que d'y répondre. Sur le coût du travail, le SMIC à 2 000 € creuse l'écart que décrivait Vincent Furlan sans qu'elle le traite.

B6Robustesse à l'exécution partielle2/5

SMIC et refus des économies immédiats, rendement du recentrage du CIR et de la réforme du Dutreil différé et non chiffré.

Même asymétrie que chez les autres, à une amplitude plus faible : la partie coûteuse s'exécute par décret, la partie qui rapporte dépend d'une réforme fiscale dont le rendement n'est pas établi.

Est-ce que ce projet permet le retour à l'équilibre budgétaire et la réduction de la dette ?

5/ 20auditable

Cible datée1/6
Financement2/6
Robustesse1/4
Dette traitée1/4

Aucune cible budgétaire, et c'est assumé : elle conteste que la réduction du déficit soit la bonne question. Les recettes de son projet, recentrage du CIR et réforme du Dutreil, sont nommées mais non chiffrées, et le SMIC n'est pas gagé. La dette n'est pas traitée. Sur la question précise posée, c'est la note la plus basse du plateau après celle de Jean-Luc Mélenchon.

Est-ce que ce projet est bon pour la France ?

16/ 20opinion

Problème réel4/4
Proportion2/4
Second ordre4/4
Cadre juridique4/4
Gouvernabilité2/4

L'écart de taux implicite d'imposition entre PME et grandes entreprises, et le retard français de R&D privée, sont des problèmes réels que personne d'autre n'apporte au débat. Elle est aussi la seule à distinguer simplification administrative et dérégulation environnementale, ce qui est exactement un raisonnement de second ordre : elle sépare deux choses que le reste du plateau confond. Ses mesures s'inscrivent dans le droit européen existant plutôt que de le heurter. Le point faible est la proportion et le legs : un SMIC à 2 000 € comme réponse principale à la pauvreté au travail, sans chiffrage, et une trajectoire budgétaire laissée en l'état au mandat suivant.

Note d'opinion. C'est l'écart le plus large de la page entre note budgétaire et appréciation générale, 5 contre 16 : un lecteur pour qui la soutenabilité prime jugera cette note trop haute, et il aura la colonne d1 pour l'étayer. Les cinq critères déclarés.

Point de tension Son programme est le plus exécutable du plateau, décret et loi de finances, et le moins finançable : ce qui le rend faisable est exactement ce qui le rend coûteux dès la première année.

Matrice comparative

Les sept projets sur les cinq thèmes du débat, tels que la synthèse par candidat les restitue. Les cases vides sont des silences, pas des omissions de lecture.

CandidatDette et financesRéindustrialisation et foncierCoût du travailNormesFiscalité
B. RetailleauÉquilibre en 5 ans, −250 à −300 000 fonctionnaires, statut réservé au régalienPriorité au nucléaire, arrêt des subventions aux renouvelables matures, suppression de la PPEZéro cotisation dès la 36e heure, 35 % de coût en moins, prestations plafonnées à 70 %Une centaine de normes par ordonnance, loi organique anti-surtransposition, principe de précaution abrogé40 Md€ de baisse dès les premiers mois gelés 5 ans, don familial à 150 000 €
R. GlucksmannPas de trajectoire, contestation de l'imputation du déficitBuy European Act sur 2 000 Md€, mesures miroirs, projet Manhattan européen sur l'IABaisse de la CSG, codétermination à l'allemandeNon traitéMéga-héritages au-dessus de 50 M€ en gage, pacte Dutreil conditionné
É. PhilippeRègle d'or dans la Constitution, cible sur la dépense socialeMarché commun achevé, union des marchés de capitaux, production en zone euro imposée aux entreprises chinoisesÉlargissement de la base de financement, cible sur les emplois à 2 et 2,5 SMICMoratoire normatif après le premier budget, interdiction de surtransposer50 Md€ d'impôts de production supprimés, gagés sur 50 Md€ d'aides
M. Le Pen125 Md€ d'économies, contribution UE sous 5 Md€, règle d'orProjet d'intérêt national majeur, 150 000 hectares de friches, 200 Md€ fléchés par territorialitéExonérations maintenues sans aller au-delà, retraite à 60 ans pour les carrières longuesComités de filière listant les normes à supprimer par ordonnancesC3S, CVAE et CFE supprimées, TVA énergie de 20 à 5,5 %, 130 à 140 impôts supprimés
J.-L. MélenchonAnnulation de la dette détenue par la BCE, suppression des aides aux entreprisesPlanification par objectifs, nationalisation d'ArcelorMittalHausse du SMIC, retour à 62 puis 60 ans, refus de la capitalisationNormes défendues pour la santé et la sécurité au travailIS progressif taxant plus les dividendes, conditionnement des aides, pôle bancaire public
G. AttalSous les 3 % en 2032, équilibre en 2037, économies sur maladie, arrêts de travail et chômageMéthode Notre-Dame, exemption d'études sur friche, silence vaut accord sous deux moisRetour sur les hausses depuis 2024, mesure Barnier de 4,5 à 1,5 Md€, IA et robotisationCode du travail remplacé par une constitution du travail de 50 pages, spoils systemLoi de programmation fiscale sur dix ans, CIR et Dutreil préservés, CVAE en baisse
M. TondelierRefus des économies sur le social, coût de l'inaction climatiqueSouveraineté de l'acier, quotas bas-carbone dans la commande publique, ajustement carbone aux frontièresSMIC à 2 000 € brut, partage de la valeur entre donneurs d'ordre et sous-traitantsSimplification administrative oui, dérégulation environnementale nonTaux réduit d'IS abaissé pour les PME, CIR recentré, Dutreil réformé

Tableau large : faites défiler horizontalement.

Les lignes de clivage

Le débat n'oppose pas deux camps mais quatre familles de véhicule. Une orthodoxie de l'offre, Retailleau, Philippe, Attal, qui cherche le résultat dans la loi de finances et la baisse du coût du travail. Un protectionnisme national, Le Pen, qui déplace le levier vers la contribution européenne, l'énergie et la commande publique. Un protectionnisme européen, Glucksmann, Tondelier, qui accepte le cadre de l'Union et cherche à en durcir les instruments. Une rupture avec le cadre monétaire, Mélenchon, qui suppose de modifier ce que la France ne décide pas seule. Sur les cinq thèmes, deux consensus seulement : personne ne défend la surtransposition, et personne ne conteste que le foncier industriel manque.

Ce que les notes montrent, et qu'on n'entend pas dans le débat

Le classement de faisabilité ne recoupe aucune ligne politique. Gabriel Attal obtient 17 sur 25 et Bruno Retailleau 16, pour des projets opposés. Marine Tondelier obtient 15 et passe devant Édouard Philippe, 14, pour un programme qui n'a rien en commun avec le sien. Ce que la grille sépare n'est pas la droite et la gauche, c'est ce qui passe par une loi de finances ou un décret et ce qui passe par une révision, un traité ou une négociation à vingt-sept.

L'écart entre les deux colonnes est le résultat le plus instructif, et c'est pour cela qu'on ne les additionne pas. Raphaël Glucksmann obtient 9 sur 25 en faisabilité et 17 sur 30 en qualité de raisonnement : le profil d'un projet correctement construit dont l'exécution ne dépend pas de celui qui le porte. Édouard Philippe présente l'inverse d'un défaut, 23 sur 30, la meilleure note du plateau, pour un dispositif dont l'effet net sur le solde est nul par construction. Bien raisonner et beaucoup obtenir sont deux choses différentes.

Trois candidats sur sept font reposer leur mesure la plus structurante sur une décision qui n'appartient pas au président français : le Buy European Act et les mesures miroirs pour Raphaël Glucksmann, l'annulation de la dette détenue par la BCE pour Jean-Luc Mélenchon, le plafonnement de la contribution européenne et le retour à un prix de production français de l'électricité pour Marine Le Pen. Ce n'est pas un jugement sur la valeur de ces projets, c'est une observation sur leur véhicule. Un électeur peut vouloir exactement cela ; il vote alors pour une intention de négociation, pas pour une décision.

Aucun des sept ne chiffre le coût de sortie d'un seul de ses engagements. C'est le résultat le plus net de la colonne A, et il vaut pour toutes les familles politiques : capitalisation, statut de la fonction publique, SMIC à 2 000 €, sortie du fonctionnement européen de l'électricité, nationalisation. Un seul dispositif du débat porte son propre mécanisme d'annulation, le gage de 50 milliards contre 50 milliards d'Édouard Philippe, et c'est aussi le seul à obtenir 5 sur 5 en robustesse à l'exécution partielle.

Les deux notes sur vingt divergent chez presque tous, et l'écart le plus large est celui de Marine Tondelier, 5 d'un côté et 16 de l'autre. Ce n'est pas une incohérence de la grille, c'est ce qu'elle est faite pour montrer : un projet peut être jugé souhaitable sans être finançable, et un projet finançable peut ne répondre à aucun problème posé. Les additionner effacerait exactement cette information, et c'est la raison pour laquelle la page ne le fait nulle part.

Pour un dirigeant qui écoutera les programmes écrits quand ils paraîtront, la question utile n'est pas de savoir qui a raison. C'est de savoir par quel véhicule chaque promesse passe. Une mesure de loi de finances arrive au premier budget. Une mesure de traité n'arrive pas.

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