Bikebotix est un industriel français installé à Villaz, en Haute-Savoie. L’entreprise conçoit et fabrique des machines pour l’industrie du cycle : montage de roues rayonnées, robotisation de gestes techniques et exigeants, équipements de production destinés aux fabricants du secteur. En reprenant l’activité de Mach1 Machinery, elle s’inscrit dans une longue continuité de savoir-faire, aujourd’hui présente auprès de fabricants dans de nombreux pays.
Bikebotix incarne un paradoxe fréquent dans l’industrie. Son savoir-faire est de haut niveau, très visuel quand on est devant la machine, et pourtant presque impossible à montrer : les équipements sont lourds, complexes, installés en usine. On ne les déplace pas facilement, encore moins à l’autre bout du monde. Toute la valeur est réelle, mais elle reste, la plupart du temps, hors du champ de vision du client.
Bikebotix préparait un salon professionnel à Taïpei, l’un des grands rendez-vous internationaux du secteur. L’enjeu était clair : être présent, crédible et démonstratif, sans y transporter ses machines, ou du moins sans y acheminer les plus imposantes.
Le transport des machines vers un salon international représente un coût et une logistique considérables. Le stand devait rester léger, transportable et rapide à monter.
L’entreprise souhaitait par ailleurs projeter une image moderne, à la hauteur de sa technologie.
Enfin, l’investissement ne devait pas servir un seul événement : les supports devaient pouvoir être réutilisés sur les futurs salons.
Sur un salon, la démonstration est l’argument. Voir une machine en action vaut mieux qu’en entendre parler. Priver le stand de ses machines, c’était risquer de le priver de sa preuve.
La vraie question n’était donc pas “comment décorer un stand ?“, mais “comment prouver une capacité industrielle sans la mettre physiquement sous les yeux du visiteur ?“
Nous ne sommes pas partis d’un outil. Nous sommes partis de cette question : par quoi remplacer la machine absente ?
Quand on y répond honnêtement, on s’aperçoit qu’aucun outil unique ne suffit. Montrer une machine, c’est en réalité répondre à trois besoins différents, qui n’appellent pas la même solution.
L’atelier, l’échelle des équipements, le contexte de production. Une photo le fait partiellement, mais elle fige et isole. Il fallait quelque chose qui restitue l’espace et laisse le visiteur explorer, comme s’il était sur place. C’est le rôle de la visite virtuelle.
Une machine-outil ne s’explique pas à l’arrêt : ce qui compte, c’est le geste, la séquence, la vitesse. Or on ne pouvait pas apporter la machine pour la faire tourner. Il fallait donc pouvoir déclencher ce mouvement, à la demande, directement sur le stand. C’est le rôle de la réalité augmentée.
Voir une machine fonctionner ne suffit pas toujours à comprendre ce qu’elle accomplit ni pourquoi c’est utile. Il fallait un langage clair, rapide, capable d’expliquer un procédé en quelques secondes. C’est le rôle du motion design.
De là découle la logique du projet : non pas trois prestations juxtaposées, mais
La photo ne bouge pas : la réalité augmentée s’en charge.
La machine ne se transporte pas : la visite immersive la rend accessible.
Le mouvement seul n’explique pas tout : le motion design met des mots et du sens sur les images.
Ensemble, ces trois outils reconstituent, sur un stand de quelques mètres, une expérience que l’on aurait crue réservée à l’usine.
C’est aussi notre façon de travailler. Nous ne partons pas d’un catalogue de techniques que l’on appliquerait de la même manière à chaque client. Nous partons du besoin, et nous choisissons les outils parce qu’ils se répondent. Ici, le mot juste est écosystème : chaque élément a été pensé pour fonctionner avec les autres, et pour resservir bien au-delà d’un seul salon.
Faire entrer le visiteur dans l’atelier réel de Bikebotix, sans qu’il ait à s’y rendre. La visite devait servir sur trois terrains à la fois : comme outil commercial à distance, comme showroom accessible depuis le site, et comme support d’expérience sur le stand.
Nous avons enrichi le parcours de points d’intérêt qui expliquent chaque étape de fabrication et donnent accès aux vidéos des machines directement dans la visite.
Sur le stand, la visite se vit aussi au casque de réalité virtuelle : le visiteur se déplace dans l’atelier, tandis qu’un écran retransmet en direct ce qu’il regarde, pour partager l’expérience avec les personnes autour de lui.
Une preuve « grandeur nature », consultable partout et à tout moment. L’atelier devient un espace que l’on visite, à distance comme sur le salon, sans qu’aucune machine n’ait eu à quitter Villaz.
Rendre chaque procédé immédiatement compréhensible, y compris pour un visiteur qui découvre le métier.
Nous avons produit dix vidéos en motion design. Cinq correspondent aux grands blocs mis en avant sur le stand, autour des étapes clés de la fabrication d’une roue. Cinq autres viennent compléter l’ensemble pour couvrir les machines présentées dans la visite virtuelle. Le même langage visuel est décliné partout, du stand à la visite.
Ce qu’une machine met plusieurs minutes à accomplir se comprend en quelques secondes. Et parce que ces vidéos partagent une même identité, elles créent une cohérence d’ensemble, réutilisable sur le stand, dans la visite, sur le site et sur les réseaux.
Faire « fonctionner » les machines directement depuis le stand, alors qu’elles n’y sont pas.
Le visuel du stand cartographie les grandes étapes de la fabrication d’une roue.
Chaque zone devient un déclencheur : en pointant une tablette ou un smartphone vers un bloc, le visiteur voit se lancer la vidéo de la machine correspondante, en action.
La composition graphique et la réalité augmentée ont été conçues par Digital Mate ; la structure physique du stand, un modèle parapluie d’environ quatre mètres, pliable et pensé pour un transport et un montage rapides, a été réalisée par l’un de nos partenaires.
La machine est « présente » sans être là. Le stand cesse d’être un simple panneau : il devient un support vivant, que le visiteur manipule lui-même, et dont il garde le souvenir.
✔ Direction artistique
✔ Visite virtuelle Matterport
✔ Réalité augmentée
✔ Motion design
✔ Conception de stand (composition graphique)
✔ Réalité virtuelle (expérience au casque)
Dans l’industrie, on croit souvent qu’il faut apporter la machine pour convaincre. Ce projet rappelle l’inverse : ce qui emporte l’adhésion, ce n’est pas la présence physique de l’équipement, c’est la capacité à en faire comprendre la valeur en quelques secondes.
Un stand n’a pas besoin de tout transporter. Il a besoin de tout rendre lisible. La vraie performance n’est pas de déplacer une technologie, mais de la rendre évidente pour celui qui la découvre.